Transférabilité des anciens contrats retraite vers le PERin

#

Transférabilité des anciens contrats retraite vers le PERin

Ayélé Ayité

05/10/23 - Transférabilité des anciens contrats retraite vers le PERin

Gilbert Roux: Depuis son lancement en 2019, le Plan d’Epargne Retraite individuel a déjoué toutes les prévisions, tant en nombre d'assurés que de capitaux gérés. Mais avant l'arrivée du PER individuel, d'autres dispositifs étaient déjà en place. Que sont-ils devenus et que peut-on en faire ? C'est ce que nous allons détailler aujourd'hui avec notre invitée Ayélé Ayité. Bonjour Ayélé. C'est votre premier passage dans nos podcasts, je vous souhaite donc la bienvenue au micro des #RDVExperts, et je vais préciser à ceux qui nous écoutent que vous êtes juriste patrimoniale chez BNP Paribas Cardif. Alors Ayélé, je propose tout de suite de revenir à cette interrogation autour des anciens produits retraite : est-ce qu'ils sont librement transférables vers un PER aujourd'hui ?

Les anciens produits de retraite sont-ils librement transférables vers un PER ?

Ayélé Ayité: Avant la loi Pacte, il existait plusieurs produits de retraite individuelle et d'entreprise, notamment le Plan d’Epargne Retraite des Particuliers, le PERP ; le Plan d’Epargne Retraite loi Madelin, le PERM ; le Plan d'Epargne pour la Retraite Collectif, le PERCO ou encore les Plan d’Epargne Retraite Entreprise, les PERE, également dits article 83. Ces anciens contrats de retraite ne peuvent plus être souscrits depuis le 1er octobre 2020, mais il est désormais possible de les transférer sur le nouveau PER.

Gilbert Roux: Très bien, alors soyons très pratique. Comment peut-on procéder pour réaliser le transfert d'un ancien contrat vers un PER individuel ?

Comment se matérialise, sur le PER individuel, le transfert d’un ancien contrat ?

Ayélé Ayité: Commençons par un petit rappel sur le PER individuel. Le PER individuel est le PER souscrit par l'assuré par opposition au PER souscrit par l'entreprise pour le compte de ses employés. Le PER individuel peut être alimenté par des versements volontaires de l'assuré et par des transferts de dispositifs de retraite individuels ou d'entreprises. Chaque PER comporte plusieurs compartiments, 3 exactement, permettant de recueillir différents types d'épargne. Le compartiment 1 reçoit les versements volontaires effectués par l'assuré lui-même. En cas de transfert d'un PERP ou d'un Madelin sur le PER individuel, les sommes seront transférées sur le compartiment 1. Le compartiment 2 est le réceptacle de l'épargne salariale. Le PERCO pourra ainsi être transféré dans ce compartiment. Enfin, le compartiment 3 reçoit les versements obligatoires effectués par l'employeur pour le compte de ses employés sur un PERE ou article 83. Par contre, l'assuré qui aura fait des versements lui-même, de manière volontaire, sur le PERE ou l'article 83, ces versements seront transférés sur le compartiment 1 du PER individuel.

Gilbert Roux: Est-ce que, en tant qu'assuré, je peux réaliser ce transfert à tout moment ou est-ce qu'au contraire, je suis contraint à respecter un délai ou des conditions particulières ?

Le transfert des anciens contrats vers le PER est-il possible à tout moment ?

Ayélé Ayité: Donc, Gilbert, en ce qui concerne les contrats qui avaient été souscrits à titre individuel, comme le PERP ou le Madelin, les transferts sont possibles à tout moment. Le transfert d'un PERCO vers un PER individuel ne pourra être effectué qu'une fois tous les trois ans, si le salarié est toujours présent dans l'entreprise. S'il a quitté l'entreprise, ce transfert pourra être effectué à tout moment. Enfin, le transfert du PERE ou article 83 vers un PER individuel ne peut être effectué que si l'assuré a quitté l'entreprise ou s'il ne fait plus partie de la catégorie d'employés assurés, ou encore si le contrat a été résilié.

Gilbert Roux: Il est clair, Ayélé, que les nombreux atouts du PER individuel ont largement contribué à l'engouement des Français pour ce contrat, mais justement, est-ce que dans le cadre d'un transfert que nous avons évoqué précédemment, les clients vont pouvoir bénéficier d'avantages particuliers ?

Le transfert des anciens contrats de retraite vers le PER individuel procure-t-il des avantages particuliers ?

Ayélé Ayité: Le PER individuel, comme tous les PER d'ailleurs, étant organisé en compartiments, il procure l'avantage de regrouper en un seul et même contrat, plusieurs dispositifs de retraite, qu'ils soient individuels ou d'entreprise. Par ailleurs, les modalités de sorties au moment de la retraite, ainsi que les cas de déblocage anticipé ont été largement harmonisés sur le PER. En effet, auparavant, certaines modalités de déblocage étaient exclusives à certains dispositifs d’épargne retraite. Le transfert des anciens contrats de retraite sur le PER individuel permet donc de bénéficier de modalités de sortie harmonisées et souvent plus souples à la retraite et dans le cadre des rachats anticipés.

Gilbert Roux: Je voudrais que nous insistions quelques instants sur un point sur lequel nous serons d'accord je pense, Ayélé : avant toute action, il est primordial de s'interroger sur l'opportunité de transférer un PERP, un Madelin, un article 83 vers un PER individuel.

Est-il toujours opportun d’effectuer un transfert vers le PER ?

Ayélé Ayité: Effectivement, Gilbert. L'opportunité du transfert est à étudier en termes d'intérêt procuré ou de fiscalité. Sur le PER, l'épargne issue de versements volontaires - le compartiment 1, et de l’épargne salariale - le compartiment 2, peut être retirée à l'âge légal de départ à la retraite ou au moment de la liquidation effective des droits à la retraite, en rente ou en capital. S'agissant des versements obligatoires - le compartiment 3, la sortie au moment de la retraite se fera obligatoirement en rente viagère, sauf si le montant mensuel de la rente est inférieur à 110€* Dans ce cas, une rente unique sera versée. Par ailleurs, l'épargne issue de versements volontaires - compartiment 1, et de l'épargne salariale - compartiment 2, peut également, sur le PER, être débloquée avant la retraite pour l'achat de la résidence principale. Toutefois, le transfert des versements obligatoires sur le compartiment 3 du PER ne permettra pas une sortie par anticipation pour l'achat de la résidence principale.

Gilbert Roux: Un autre point essentiel à prendre en compte avant tout transfert, Ayélé, c'est évidemment, étudier l'opportunité de procéder à ces transferts mais d'un point de vue fiscal, parce qu'il peut y avoir des incidences.

Est-il toujours opportun fiscalement d’effectuer un transfert vers le PER ? »

Ayélé Ayité: Oui, Gilbert. Le PERP, le Madelin et le PERE ou article 83 permettent, au moment de la retraite, une sortie en rente uniquement. Un capital unique ou rente unique peut être substitué à la rente viagère lorsque la rente mensuelle est inférieure à 110€. Il faut savoir que ce capital unique substitué à la rente est imposable au prélèvement à la source l'année de son versement. Toutefois, en N+1, au moment de l'imposition effective, l'assuré pourra opter pour un prélèvement forfaitaire libératoire au taux de 7,50%, si cela est plus avantageux pour lui. Cette option pour le taux de 7,50% est uniquement possible en cas de sorties en capital sur les anciens contrats de retraite que sont le PERP, le Madelin ou le PERE. Elle n'est pas étendue sur les sorties en capital sur le PER, même en cas de sortie en rente unique. Il convient donc d'étudier l'impact fiscal avant et après le transfert s'agissant des transferts de PERP, Madelin ou PERE article 83 sur le PER individuel.

Gilbert Roux: Une toute dernière question avant de clore ce podcast avec vous, Ayélé. Est-ce qu'une fois que l'opportunité du transfert a bien été établie, il y aura des frais liés à cette opération de transfert ?

Des frais sont-ils dus lors d’un transfert vers un PER ?

Ayélé Ayité: Des frais peuvent effectivement être retenus par l'assureur auprès duquel le contrat d'origine a été souscrit. Pour les anciens contrats de retraite comme le PERP, le Madelin ou les PERE / article 83, les frais retenus par la compagnie d'assurance au moment d'un transfert vers le PER sont fixés par les conditions générales du contrat. Toutefois, la retenue de ces frais est réglementée. Ils ne pourront ainsi pas dépasser 5% de la valeur du contrat (sous réserve d'une modification de ce taux dans le cadre du projet de loi industrie verte), et ils sont nuls si le contrat a plus de 10 ans. Aucun texte ne fixe les frais de transfert d'un PERCO vers le PER, et s’agissant des PER, en cas de transfert d'un PER, qu'il soit individuel ou d'entreprise, vers un autre PER individuel ou d'entreprise, les frais ne pourront pas dépasser 1% de la valeur du contrat et ils seront nuls si le contrat a plus de 5 ans.

Gilbert Roux: Ce sera le mot de la fin. Nous sommes arrivés au terme de ce podcast consacré au transfert des anciens contrats retraite vers le PER individuel. Merci beaucoup Ayélé Ayité d'être venue nous en parler et j'espère à bientôt à ce micro.

Ayélé Ayité: A bientôt, Gilbert.

*selon l’arrêté du 17/07/2023 publié au journal officiel le 21/07/2023.

Citation
Le transfert des anciens contrats de retraite sur le PER individuel permet de bénéficier de modalités de sortie harmonisées et souvent plus souples à la retraite et dans le cadre des rachats anticipés. L'opportunité du transfert reste néanmoins à étudier en termes d'intérêt procuré ou de fiscalité. Ayélé Ayité
 

Ayélé Ayité

Intervenante

Ayélé AYITE a intégré BNP Paribas Cardif en 2012. Elle occupe actuellement le poste de Juriste patrimoniale au sein du service Support juridique et Patrimonial de BNP Paribas Cardif et vient en appui à tous les réseaux de distribution sur leurs problématiques juridiques, fiscales et patrimoniales liées aux contrats d’assurance vie et de capitalisation ainsi qu’à la retraite individuelle.

Retour Clauses bénéficiaires et protection du conjoint

Clauses bénéficiaires et protection du conjoint

#

Clauses bénéficiaires et protection du conjoint

Nicolas Grégori

07/05/26 - Clauses bénéficiaires et protection du conjoint

Gilbert Roux : Comment désigner ce qui relève de la simple désignation bénéficiaire et ce qui relève d'une vraie stratégie de protection du conjoint ? C'est le thème de ce numéro des #RDVExperts : les clauses bénéficiaires, véritable levier de protection patrimoniale pour les couples et pour sécuriser le conjoint survivant. Pour nous en parler, j'ai le plaisir de recevoir Nicolas Grégori, juriste patrimonial BNP Paribas Cardif. Bonjour et bienvenue au micro de ce podcast, Nicolas.

Nicolas Grégori : Bonjour Gilbert.

Gilbert Roux : Alors Nicolas, dans l'assurance vie, le choix et la rédaction de la clause bénéficiaire conditionne, non seulement qui recevra le capital au décès, mais aussi comment cette protection peut être structurée juridiquement pour maximiser sécurité et clarté pour le conjoint.

En assurance vie, le choix et la rédaction de la clause bénéficiaire sont déterminants.

Nicolas Grégori : Effectivement, en premier lieu, il faut vraiment retenir une chose : la rédaction de la clause bénéficiaire, c'est le point central en assurance vie qui va nous permettre d'organiser la transmission des capitaux au décès. On pense très souvent et trop souvent même, au contrat d'assurance vie comme un outil de rendement et d'optimisation fiscale, ce qui est vrai, ça fait partie du contrat d'assurance vie, mais il faut aussi vraiment insister sur ses qualités en matière de transmission patrimoniale. Et pour le sujet qui nous intéresse aujourd'hui, la rédaction de la clause va effectivement nous permettre, via différentes solutions que l'on va détailler, d'optimiser la protection du conjoint survivant.

Gilbert Roux : Est-ce que c'est une erreur de penser que la clause, qu'on appelle clause standard, est suffisante pour protéger son conjoint ?

La clause « standard » est-elle suffisante pour protéger son conjoint ?

Nicolas Grégori : Dans la plupart des contrats d'assurance vie, on voit une clause dite « standard ». C'est une clause qui est assez facile à comprendre, elle n'utilise pas de termes techniques. On y désigne le conjoint, puis les enfants, leurs descendants et enfin les héritiers. Et c'est vrai que cette clause va répondre à la grande majorité des demandes et permet déjà de protéger très efficacement le conjoint survivant, puisqu'elle va viser à lui attribuer l'intégralité du capital, s'il en accepte le bénéfice, en exonération de droits. Le conjoint peut également renoncer au bénéfice du contrat et, avec cette clause standard, ce sont alors généralement les enfants qui vont être bénéficiaires des capitaux décès. Mais il y a un inconvénient majeur, sinon ce serait trop simple, concernant les capitaux transmis au conjoint via cette clause standard. Une fois que le conjoint a reçu le capital, cette somme d'argent va entrer définitivement dans son patrimoine et s'il ne consomme pas tout de son vivant, ces mêmes capitaux vont se retrouver dans son actif successoral et être taxés lors de son propre décès au profit de ses héritiers. Et cette fois-ci, on ne sera plus dans le cadre fiscal de l'assurance vie mais dans celui de la succession. Donc on protège très bien le conjoint, mais on n'optimise pas la transmission vers la génération suivante. Et surtout on n'apporte aucune nuance selon le besoin réel du conjoint au moment du décès. Soit il perçoit l'intégralité des capitaux, soit il n'en perçoit aucun en renonçant au bénéfice du contrat.

Gilbert Roux : Donc, si je comprends bien ce que vous venez de nous dire, Nicolas, dans cette clause standard, il y a d'une certaine manière un dilemme entre la protection immédiate du conjoint et l'optimisation de ce qu'on va appeler la transmission aux héritiers.

Avec la clause standard, il y a un dilemme entre protection du conjoint et optimisation de la transmission aux héritiers ?

Nicolas Grégori : Tout à fait. C'est une des raisons qui va nous pousser à rechercher une meilleure optimisation dans la rédaction de la clause bénéficiaire. On va viser toujours à protéger le conjoint, c'est le sujet qui nous intéresse, mais on va également vouloir anticiper la transmission aux enfants et dans certains cas, en apportant plus de subtilités quant à la part qui sera perçue par le conjoint dans les capitaux décès.

Gilbert Roux : Très bien. Je vous propose maintenant, Nicolas, d'aborder les autres solutions que l'on peut retenir.

Quelles sont les autres solutions à retenir ?

Nicolas Grégori : Il y a une stratégie qui est plus sophistiquée et qui revient très régulièrement, c'est celle de la clause bénéficiaire dite démembrée. Le démembrement, c'est un outil qui est particulièrement efficace. Il va nous permettre justement de concilier ces deux objectifs : on va protéger le conjoint d'une part, et préparer, anticiper la transmission aux enfants. Comment ça marche ? Eh bien au lieu de donner tout le capital, comme on l'a vu avec une clause standard, à une seule personne en pleine propriété, on va diviser ce droit de propriété en deux parties. D'un côté, on va avoir le conjoint qui sera bénéficiaire pour ce qu'on appelle l'usufruit. De l'autre côté, on aura les enfants qui seront désignés pour la nue-propriété. Je ne vais pas rentrer dans le détail du démembrement faute de temps, mais il faut apporter une subtilité : lorsqu'on parle de démembrement et que l'on veut protéger le conjoint survivant, on va se concentrer sur ce qu'on appelle un quasi-usufruit. En pratique, avec une clause démembrée prévoyant ce quasi-usufruit, le conjoint va recevoir l'intégralité du capital. Finalement, comme dans une clause standard, il va pouvoir l'utiliser comme il le souhaite.

Gilbert Roux : Alors, vous avez évoqué la transmission aux enfants. Est-ce que vous pouvez nous préciser un petit peu comment cela se passe ?

Comment se passe la transmission aux enfants ?

Nicolas Grégori : Ils disposent, en tant que nus-propriétaires de ce que l'on appelle une créance de restitution. Cette créance est finalement un droit donné au nu-propriétaire, qui va leur permettre de venir récupérer le montant en question auprès de la succession de l'usufruitier, sous réserve, c'est un point important, d'un actif successoral suffisant. Alors en parlant d'actif successoral suffisant, il faut préciser une chose lorsque l'on parle d'un quasi-usufruit : il y a un risque ici de dilapidation du capital par le quasi-usufruitier. On l'a dit, ce dernier reçoit l'intégralité des sommes. S'il consomme tout le capital et ne laisse pas à son décès un actif successoral suffisant, les nus-propriétaires peuvent perdre tout ou partie de leur créance. Donc on protège vraiment le conjoint, c'est l'objectif aujourd'hui, mais c'est un peu moins vrai pour les enfants. C'est la raison pour laquelle, souvent, les clauses démembrées vont prévoir des possibilités de mettre en place, par exemple, une caution au profit des nus-propriétaires. Il y a également une possibilité de rédiger une convention de quasi-usufruit. Souvent, ça se fait devant notaire et donc on va encadrer globalement le fonctionnement de ce quasi-usufruit. On va un petit peu limiter les risques de cette manière-là. C'est finalement une stratégie gagnant-gagnant. Le conjoint est protégé sa vie durant et les enfants bénéficient, en principe, on l'a vu, d'une créance leur permettant de récupérer le capital à terme sans subir de double taxation.

Gilbert Roux : Alors est-ce que, Nicolas, il faut en déduire que la clause bénéficiaire démembrée avec le quasi-usufruit serait la meilleure solution à mettre en place pour protéger le conjoint survivant via une clause bénéficiaire ?

La clause bénéficiaire démembrée avec quasi-usufruit est-elle la meilleure solution pour la protection du conjoint ?

Nicolas Grégori : Pas forcément. Sans entrer trop dans le détail des différents schémas, cette clause bénéficiaire démembrée peut perdre de son intérêt, d'une part en fonction des sommes transmises par le jeu des abattements, également de la situation familiale, avec une famille recomposée, la créance de restitution peut poser problème et également des besoins du conjoint survivant. Dans les deux schémas dont on a déjà parlé, à savoir la clause standard ou la clause démembrée avec quasi-usufruit, on part de l'idée, dans ces exemples, que le conjoint survivant a besoin de l'intégralité des capitaux à transmettre. Ce n'est pas forcément le cas. On peut apporter plus de souplesse au conjoint survivant, via notamment ce qu'on va appeler une clause à options. Alors attention, warning là-dessus, la clause à options doit vraiment être rédigée de façon très claire et précise pour éviter tout risque juridique et fiscal. Elle doit être encadrée, j'insiste vraiment sur ce point, par la volonté du souscripteur. Ce que ça veut dire, c'est que finalement, le bénéficiaire ne pourra jamais choisir par lui-même les options énumérées dans la clause, c'est vraiment énuméré par le souscripteur dans la clause.

Gilbert Roux : Ça, c'est pour le cas, c'est pour l'encadrement, on va dire. En termes pratiques, comment fait-on ?

En pratique, comment ça marche ?

Nicolas Grégori : En pratique, via une clause à options, le conjoint pourra accepter le bénéfice du contrat via différentes options. Ce sont toujours un petit peu les mêmes : 100 %, 75 %, 50 % ou 25 % du capital et le solde, dans un schéma familial classique, reviendra aux enfants. Cette clause va également parfois permettre au conjoint de choisir entre de la pleine propriété ou du démembrement. L'idée ici va être de conférer au conjoint, sur les capitaux décès, les mêmes droits dont il dispose en vertu d'une donation au dernier vivant. À noter, bien sûr, que sur demande de nos partenaires, nous pouvons leur transmettre ces modèles de clauses dites « à options ».

Gilbert Roux : Très important, effectivement, on peut vous contacter pour cela. Nous arrivons au terme de ce podcast, Nicolas. Est-ce qu'il y a un point sur lequel vous souhaitez insister avant de nous séparer ?

Un mot de conclusion ?

Nicolas Grégori : Pour conclure, sur le point central, on le répète systématiquement dans ce type de format, il faut absolument, lorsque l'on veut rédiger une clause bénéficiaire ou modifier la clause bénéficiaire d'un contrat en cours, consulter son conseiller. C'est d'autant plus indispensable lorsque l'on parle, comme aujourd'hui, d'optimisation en termes de transmission et donc de clauses bénéficiaires qui peuvent être relativement complexes à rédiger, donc vraiment nécessitent l'accompagnement d'un professionnel. On parle bien sûr du conseiller, il ne faut pas non plus hésiter à échanger avec le notaire, notamment sur un sujet comme celui de la protection du conjoint. Le notaire, lui, a une vision globale sur le patrimoine de ses clients et peut inclure la rédaction de la clause dans une stratégie plus large. Globalement, je l'ai déjà dit pour la clause à options, mais il faut retenir que Cardif propose des trames de clauses bénéficiaires qui couvrent notamment les différents cas dont on a parlé aujourd'hui, les clauses démembrées, les clauses à options, etc. Et globalement, en cas de doute, nous avons l'expertise chez Cardif pour accompagner les partenaires et nos clients dans la rédaction de clauses complexes.

Gilbert Roux : Très bien. Eh bien ce sera donc là-dessus que nous allons clore ce numéro des #RDVExperts consacré aux clauses bénéficiaires et à la protection du conjoint. Merci Nicolas d'être venu jusqu'à nous. Et à très bientôt, merci.

Citation
On pense très souvent au contrat d'assurance vie comme un outil de rendement et d'optimisation fiscale, ce qui est vrai, mais il faut aussi vraiment insister sur ses qualités en matière de transmission patrimoniale. Nicolas Grégori