La loi de finances 2023

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La loi de finances 2023

Pascal Lavielle

23/11/23 - La loi de finances 2023

GILBERT ROUX L'invité des #RDVExperts aujourd'hui est Pascal Lavielle. Bonjour, Pascal.

PASCAL LAVIELLE Bonjour.

GILBERT ROUX Pascal, c'est un immense plaisir de vous revoir au micro de ce podcast. Je rappelle à nos auditeurs que vous êtes le responsable du service Ingénierie Patrimoniale et Support Juridique chez BNP Paribas Cardif. Le sujet qui nous intéresse en ce début d'année, c'est bien entendu la loi de finances pour 2023. Pascal, vous me disiez en préparant cet entretien qu'il ne fallait pas s'attendre cette année à une loi de finances très fournie en nouvelles mesures. Cependant, il y a tout de même quelques mesures qui vont intéresser nos partenaires CGP et courtiers et c'est, sur ces points-là, que vous allez nous apporter votre expertise et votre analyse très pratique. Alors, Pascal, le premier sujet que je souhaiterais que vous abordiez, c'est celui de l'impôt sur le revenu, et pour être plus précis, on va parler d'une évolution du barème de l'impôt sur le revenu. Alors, quelle est cette évolution ?

Quelle évolution sur le barème de l’impôt sur le revenu ?

PASCAL LAVIELLE Oui, tout à fait. Pas de mesures très importantes, mais un certain nombre de mesures qui touchent notre activité au niveau patrimonial, et bien entendu, la toute première mesure concerne l'évolution du barème de l'impôt sur le revenu. Afin de tenir compte de l'inflation, cette année, les tranches du barème de l'impôt sur le revenu vont être revalorisées de 5,4%. Par ailleurs, certains limites et seuils qui sont attachés vont également être indexés dans la même proportion. Il s'agit du plafonnement des effets du quotient familial, de la décote et des déductions liées à certaines charges de famille.

GILBERT ROUX Un autre point sur la modification apportée par cette loi de finances 2023 concerne le prélèvement à la source. Alors, quel est ce changement ?

PASCAL LAVIELLE En ce qui concerne le prélèvement à la source, deux modifications. Tout d'abord, le taux par défaut ou taux neutre est une grille avec des tranches et ces tranches suivent l'évolution de la première tranche du barème de l'impôt sur le revenu, donc celles-ci sont aussi indexées de 5,4%. Ça, c'est la première mesure qui touche le prélèvement à la source. Mais ils ont également modifié la modulation du prélèvement à la source. Cette modulation était à l'origine de 10%, La loi de finances 2023 abaisse le montant de 10% à 5%. Donc si jamais entre l'estimation de votre taux et le taux qui est appliqué par l'administration fiscale, il y a un différentiel de plus de 5%, vous pouvez demander une modulation de votre prélèvement à la source.

GILBERT ROUX Alors, je le disais et vous le disiez également, il y a d'autres mesures qui intéressent les personnes qui nous écoutent aujourd'hui dans ce podcast et qu'on va classer en deux catégories. On va d'abord parler des personnes physiques et ensuite on parlera des entreprises. Alors, tout d'abord, concernant les personnes physiques, Pascale Lavielle, quelles sont et quelle est surtout la première mesure qui touche ces réductions d'impôts ?

Quelles sont les mesures qui concernent les personnes physiques ?

PASCAL LAVIELLE La toute première mesure, c'est d'abord des prorogations des réductions d'impôts : on a deux réductions d'impôts qui sont prorogées d'un an. On a tout d'abord la réduction d'impôts Malraux. Cette réduction d'impôts Malraux est de 30% pour les immeubles situés dans les quartiers anciens dégradés. Elle prenait fin le 31 décembre 2022. Celle-ci est reconduite d'un an. La souscription au capital de PME, appelée également réduction Madelin, est prorogée également d'un an. Ce taux sera de 25% comme les autres années. D'autres mesures encore sont à signaler au travers de cette loi de finances ou loi de finances rectificative. On a par exemple l'exonération de l'indemnité compensatrice des agents généraux d'assurance. Celle-ci est également assouplie, dans une mesure qui est de permettre à la compagnie d'assurance de retrouver un repreneur dans un délai non pas de 12 mois, mais de 24 mois. D'autres mesures encore intéressent les personnes physiques. On a l'aide à la rénovation des passoires énergétiques. Vous savez que les bâtiments qui sont classifiés entre E et G sont classés « passoires énergétiques », et donc l'État encourage à la rénovation de ces immeubles afin de les faire passer dans les lettres A à D et pour ceci, il leur double le déficit foncier. Le déficit foncier sera de 21 400 € pour les travaux de rénovation énergétique. On ne sait pas encore quels sont les travaux concernés, un décret va paraître pour nous donner les travaux qui permettront d'ouvrir droit à ce déficit foncier de 21 400 €. D'autres mesures encore concernant les personnes physiques : une taxation pour les logements vacants. Les logements vacants qui sont situés dans les zones tendues sont soumis à une taxation. Le taux de cette taxation est augmenté. Il était la première année de 12,5%, il passe à 17%, et les années suivantes, il était de 25% et il passe à 34%. Donc une augmentation substantielle du taux de la taxe sur les logements vacants. Par ailleurs, ces logements vacants qui sont dans des zones tendues voient leur périmètre étendu, si je peux me permettre, dans la mesure où un décret va donner de nouvelles communes, et notamment des communes situées dans des zones touristiques. Comme autre mesure que l'on peut encore signaler qui concerne les personnes physiques, il s'agit de l'exonération des droits de donation et succession sur les biens ruraux donnés à bail à long terme ainsi que les parts de GFA. Vous pouvez dans ce cas-là obtenir une exonération partielle. Cette exonération partielle est de 75% jusqu'à 300 000 € et 50% au-delà si vous prenez un engagement de conservation pendant 5 ans des biens. Et donc, on aura également une nouvelle mesure qui est une exonération aussi de donation et de succession, si vous prenez l'engagement de conserver, non pas 5 ans, mais 10 ans ces biens et, dans ce cas-là, le seuil de 300 000€ est porté à 500 000€, donc une exonération partielle de 75% jusqu'à 500 000€ et au-delà, une exonération partielle de 50%. Voici donc la dernière mesure qu'on a pu identifier sur les personnes physiques.

GILBERT ROUX Donc on le voit Pascal vous venez de faire une liste assez complète, qui évidemment est non exhaustive, parce qu’il y a beaucoup d’autres mesures qui touchent les particuliers mais en tous cas, vous avez abordé aujourd’hui celles qui touchent les particuliers dans le cadre de l’exercice de la profession de CGP Courties. Je vous propose maintenant de passer aux entreprises, puisque là aussi, il y a plusieurs mesures qui nous intéressent. Vous en avez retenues trois. La première concerne le taux à l'IS.

Pour les entreprises, quelles mesures vont impacter le taux de l’Impôt sur les Sociétés (IS) ?

PASCAL LAVIELLE Pour les entreprises également, on a pu identifier quelques mesures. Donc on a noté trois mesures qui peuvent nous intéresser. Tout d'abord, le taux réduit de l'impôt sur les sociétés pour certaines entreprises, c'est-à-dire les entreprises qui ont un chiffre d'affaires inférieur à 10 millions d'euros et dont le capital social est entièrement libéré et qui sont détenues de manière directe ou indirecte par des personnes physiques. Elles peuvent bénéficier d'un taux réduit de l'IS. Le montant était limité : il était à 38 120 €, il passe à 42 500 €. Donc jusqu'à 42 500 €, vous pouvez bénéficier d'un taux de l'IS à 15%. Autre mesure qui concerne le forfait social : une prorogation de l'exonération du forfait social qui est sur l'abondement des versements volontaires effectués par les salariés sur leur PEE pour l'acquisition des actions de leur propre société. Cette mesure qui existait déjà les deux dernières années est prorogée d'une année. Une autre mesure concerne les entrepreneurs individuels, et plus particulièrement, les cessions de l'entreprise individuelle. Une mesure déjà était intervenue courant 2022 qui avait permis aux entrepreneurs individuels d'opter pour une assimilation pour leur régime fiscal de l'EURL, ce qui les faisait relever de l'impôt sur les sociétés, mais n'avait pas traité le régime fiscal des cessions de l'entreprise individuelle lorsqu'elles ont opté pour cette assimilation fiscale à l'EURL. La loi de finances pour 2023 vient préciser que maintenant les cessions d'entreprise individuelle ayant fait cette option relèveront du régime fiscal des droits sociaux et non plus du régime fiscal des fonds de commerce.

GILBERT ROUX Donc, pas mal de mesures, on l'a vu. On a vu les incidences de la loi de finances 2023 sur l'impôt sur le revenu, sur les entreprises, les particuliers. Je vous propose, Pascal Lavielle, de parler maintenant des impacts de cette loi de finances sur l'assurance vie et si vous le voulez bien, on va s'intéresser plus particulièrement à la déclaration des contrats d'assurance vie et de capitalisation qui sont souscrits auprès d'un organisme établi hors de France. Alors déjà, pour commencer, Pascal, est-ce qu'on pourrait faire un petit rappel de cette situation ? Et ensuite, évidemment, développer les changements qui ont été apportés cette année ?

Quels impacts sur les contrats d'assurance vie et de capitalisation ?

PASCAL LAVIELLE Oui. Pas de mesures signifiantes concernant les contrats d'assurance vie, juste une mesure qui concerne les contrats de capitalisation souscrits auprès d'organismes d'assurance qui sont établis à l'étranger. Vous savez que quand on a souscrit un contrat d'assurance vie ou un contrat de capitalisation à l'étranger, on doit procéder à sa déclaration. On a une obligation déclarative jointe à sa déclaration 2042 et l'administration peut également procéder à des contrôles. Et les régimes de contrôle, en fait, ne portaient jusqu'à ce jour que sur le contrat d'assurance vie. Donc la loi de finances vient rectifier un petit peu cette mesure en étendant au contrat de capitalisation la possibilité de procéder à un contrôle si on a omis une déclaration d'un contrat d'assurance vie ou maintenant d'un contrat de capitalisation dans les dix dernières années. Dans ce cas-là, l'administration fiscale peut demander des informations et des justifications. Il s'ensuit un échange entre le contribuable et l'administration fiscale qui peut malheureusement aller jusqu'à une taxation d'office, et je vous rappelle que la taxation d'office porte sur un taux de 60% sur l'assiette des fonds qui sont détenus sur un contrat d'assurance vie ou un contrat de capitalisation détenu à l'étranger.

GILBERT ROUX Merci beaucoup, Pascal Lavielle, d'avoir partagé avec nous à la fois votre analyse et votre expertise toujours aussi parfaites. Merci, Pascal, et à bientôt.

PASCAL LAVIELLE Merci beaucoup.

Citation
La loi de finances pour 2023 ne comporte pas de mesures majeures, mais un certain nombre de mesures à la fois pour les personnes physiques et pour les entreprises qui touchent notre activité au niveau patrimonial. Pascal Lavielle
 

Pascal Lavielle

Intervenant

Responsable du service ingénierie patrimoniale et support juridique de BNP Paribas Cardif depuis 2005, Pascal Lavielle intervient autour de 3 pôles d’activités : l’ingénierie patrimoniale pour accompagner les CGP dans leur activité ; la retraite supplémentaire et la fiscalité des produits d’assurance de personne. Il est également membre du Cercle des fiscalistes, membre de la Fédération Nationale du droit du Patrimoine et enseignant à Dauphine.

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Clauses bénéficiaires et protection du conjoint

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Clauses bénéficiaires et protection du conjoint

Nicolas Grégori

07/05/26 - Clauses bénéficiaires et protection du conjoint

Gilbert Roux : Comment désigner ce qui relève de la simple désignation bénéficiaire et ce qui relève d'une vraie stratégie de protection du conjoint ? C'est le thème de ce numéro des #RDVExperts : les clauses bénéficiaires, véritable levier de protection patrimoniale pour les couples et pour sécuriser le conjoint survivant. Pour nous en parler, j'ai le plaisir de recevoir Nicolas Grégori, juriste patrimonial BNP Paribas Cardif. Bonjour et bienvenue au micro de ce podcast, Nicolas.

Nicolas Grégori : Bonjour Gilbert.

Gilbert Roux : Alors Nicolas, dans l'assurance vie, le choix et la rédaction de la clause bénéficiaire conditionne, non seulement qui recevra le capital au décès, mais aussi comment cette protection peut être structurée juridiquement pour maximiser sécurité et clarté pour le conjoint.

En assurance vie, le choix et la rédaction de la clause bénéficiaire sont déterminants.

Nicolas Grégori : Effectivement, en premier lieu, il faut vraiment retenir une chose : la rédaction de la clause bénéficiaire, c'est le point central en assurance vie qui va nous permettre d'organiser la transmission des capitaux au décès. On pense très souvent et trop souvent même, au contrat d'assurance vie comme un outil de rendement et d'optimisation fiscale, ce qui est vrai, ça fait partie du contrat d'assurance vie, mais il faut aussi vraiment insister sur ses qualités en matière de transmission patrimoniale. Et pour le sujet qui nous intéresse aujourd'hui, la rédaction de la clause va effectivement nous permettre, via différentes solutions que l'on va détailler, d'optimiser la protection du conjoint survivant.

Gilbert Roux : Est-ce que c'est une erreur de penser que la clause, qu'on appelle clause standard, est suffisante pour protéger son conjoint ?

La clause « standard » est-elle suffisante pour protéger son conjoint ?

Nicolas Grégori : Dans la plupart des contrats d'assurance vie, on voit une clause dite « standard ». C'est une clause qui est assez facile à comprendre, elle n'utilise pas de termes techniques. On y désigne le conjoint, puis les enfants, leurs descendants et enfin les héritiers. Et c'est vrai que cette clause va répondre à la grande majorité des demandes et permet déjà de protéger très efficacement le conjoint survivant, puisqu'elle va viser à lui attribuer l'intégralité du capital, s'il en accepte le bénéfice, en exonération de droits. Le conjoint peut également renoncer au bénéfice du contrat et, avec cette clause standard, ce sont alors généralement les enfants qui vont être bénéficiaires des capitaux décès. Mais il y a un inconvénient majeur, sinon ce serait trop simple, concernant les capitaux transmis au conjoint via cette clause standard. Une fois que le conjoint a reçu le capital, cette somme d'argent va entrer définitivement dans son patrimoine et s'il ne consomme pas tout de son vivant, ces mêmes capitaux vont se retrouver dans son actif successoral et être taxés lors de son propre décès au profit de ses héritiers. Et cette fois-ci, on ne sera plus dans le cadre fiscal de l'assurance vie mais dans celui de la succession. Donc on protège très bien le conjoint, mais on n'optimise pas la transmission vers la génération suivante. Et surtout on n'apporte aucune nuance selon le besoin réel du conjoint au moment du décès. Soit il perçoit l'intégralité des capitaux, soit il n'en perçoit aucun en renonçant au bénéfice du contrat.

Gilbert Roux : Donc, si je comprends bien ce que vous venez de nous dire, Nicolas, dans cette clause standard, il y a d'une certaine manière un dilemme entre la protection immédiate du conjoint et l'optimisation de ce qu'on va appeler la transmission aux héritiers.

Avec la clause standard, il y a un dilemme entre protection du conjoint et optimisation de la transmission aux héritiers ?

Nicolas Grégori : Tout à fait. C'est une des raisons qui va nous pousser à rechercher une meilleure optimisation dans la rédaction de la clause bénéficiaire. On va viser toujours à protéger le conjoint, c'est le sujet qui nous intéresse, mais on va également vouloir anticiper la transmission aux enfants et dans certains cas, en apportant plus de subtilités quant à la part qui sera perçue par le conjoint dans les capitaux décès.

Gilbert Roux : Très bien. Je vous propose maintenant, Nicolas, d'aborder les autres solutions que l'on peut retenir.

Quelles sont les autres solutions à retenir ?

Nicolas Grégori : Il y a une stratégie qui est plus sophistiquée et qui revient très régulièrement, c'est celle de la clause bénéficiaire dite démembrée. Le démembrement, c'est un outil qui est particulièrement efficace. Il va nous permettre justement de concilier ces deux objectifs : on va protéger le conjoint d'une part, et préparer, anticiper la transmission aux enfants. Comment ça marche ? Eh bien au lieu de donner tout le capital, comme on l'a vu avec une clause standard, à une seule personne en pleine propriété, on va diviser ce droit de propriété en deux parties. D'un côté, on va avoir le conjoint qui sera bénéficiaire pour ce qu'on appelle l'usufruit. De l'autre côté, on aura les enfants qui seront désignés pour la nue-propriété. Je ne vais pas rentrer dans le détail du démembrement faute de temps, mais il faut apporter une subtilité : lorsqu'on parle de démembrement et que l'on veut protéger le conjoint survivant, on va se concentrer sur ce qu'on appelle un quasi-usufruit. En pratique, avec une clause démembrée prévoyant ce quasi-usufruit, le conjoint va recevoir l'intégralité du capital. Finalement, comme dans une clause standard, il va pouvoir l'utiliser comme il le souhaite.

Gilbert Roux : Alors, vous avez évoqué la transmission aux enfants. Est-ce que vous pouvez nous préciser un petit peu comment cela se passe ?

Comment se passe la transmission aux enfants ?

Nicolas Grégori : Ils disposent, en tant que nus-propriétaires de ce que l'on appelle une créance de restitution. Cette créance est finalement un droit donné au nu-propriétaire, qui va leur permettre de venir récupérer le montant en question auprès de la succession de l'usufruitier, sous réserve, c'est un point important, d'un actif successoral suffisant. Alors en parlant d'actif successoral suffisant, il faut préciser une chose lorsque l'on parle d'un quasi-usufruit : il y a un risque ici de dilapidation du capital par le quasi-usufruitier. On l'a dit, ce dernier reçoit l'intégralité des sommes. S'il consomme tout le capital et ne laisse pas à son décès un actif successoral suffisant, les nus-propriétaires peuvent perdre tout ou partie de leur créance. Donc on protège vraiment le conjoint, c'est l'objectif aujourd'hui, mais c'est un peu moins vrai pour les enfants. C'est la raison pour laquelle, souvent, les clauses démembrées vont prévoir des possibilités de mettre en place, par exemple, une caution au profit des nus-propriétaires. Il y a également une possibilité de rédiger une convention de quasi-usufruit. Souvent, ça se fait devant notaire et donc on va encadrer globalement le fonctionnement de ce quasi-usufruit. On va un petit peu limiter les risques de cette manière-là. C'est finalement une stratégie gagnant-gagnant. Le conjoint est protégé sa vie durant et les enfants bénéficient, en principe, on l'a vu, d'une créance leur permettant de récupérer le capital à terme sans subir de double taxation.

Gilbert Roux : Alors est-ce que, Nicolas, il faut en déduire que la clause bénéficiaire démembrée avec le quasi-usufruit serait la meilleure solution à mettre en place pour protéger le conjoint survivant via une clause bénéficiaire ?

La clause bénéficiaire démembrée avec quasi-usufruit est-elle la meilleure solution pour la protection du conjoint ?

Nicolas Grégori : Pas forcément. Sans entrer trop dans le détail des différents schémas, cette clause bénéficiaire démembrée peut perdre de son intérêt, d'une part en fonction des sommes transmises par le jeu des abattements, également de la situation familiale, avec une famille recomposée, la créance de restitution peut poser problème et également des besoins du conjoint survivant. Dans les deux schémas dont on a déjà parlé, à savoir la clause standard ou la clause démembrée avec quasi-usufruit, on part de l'idée, dans ces exemples, que le conjoint survivant a besoin de l'intégralité des capitaux à transmettre. Ce n'est pas forcément le cas. On peut apporter plus de souplesse au conjoint survivant, via notamment ce qu'on va appeler une clause à options. Alors attention, warning là-dessus, la clause à options doit vraiment être rédigée de façon très claire et précise pour éviter tout risque juridique et fiscal. Elle doit être encadrée, j'insiste vraiment sur ce point, par la volonté du souscripteur. Ce que ça veut dire, c'est que finalement, le bénéficiaire ne pourra jamais choisir par lui-même les options énumérées dans la clause, c'est vraiment énuméré par le souscripteur dans la clause.

Gilbert Roux : Ça, c'est pour le cas, c'est pour l'encadrement, on va dire. En termes pratiques, comment fait-on ?

En pratique, comment ça marche ?

Nicolas Grégori : En pratique, via une clause à options, le conjoint pourra accepter le bénéfice du contrat via différentes options. Ce sont toujours un petit peu les mêmes : 100 %, 75 %, 50 % ou 25 % du capital et le solde, dans un schéma familial classique, reviendra aux enfants. Cette clause va également parfois permettre au conjoint de choisir entre de la pleine propriété ou du démembrement. L'idée ici va être de conférer au conjoint, sur les capitaux décès, les mêmes droits dont il dispose en vertu d'une donation au dernier vivant. À noter, bien sûr, que sur demande de nos partenaires, nous pouvons leur transmettre ces modèles de clauses dites « à options ».

Gilbert Roux : Très important, effectivement, on peut vous contacter pour cela. Nous arrivons au terme de ce podcast, Nicolas. Est-ce qu'il y a un point sur lequel vous souhaitez insister avant de nous séparer ?

Un mot de conclusion ?

Nicolas Grégori : Pour conclure, sur le point central, on le répète systématiquement dans ce type de format, il faut absolument, lorsque l'on veut rédiger une clause bénéficiaire ou modifier la clause bénéficiaire d'un contrat en cours, consulter son conseiller. C'est d'autant plus indispensable lorsque l'on parle, comme aujourd'hui, d'optimisation en termes de transmission et donc de clauses bénéficiaires qui peuvent être relativement complexes à rédiger, donc vraiment nécessitent l'accompagnement d'un professionnel. On parle bien sûr du conseiller, il ne faut pas non plus hésiter à échanger avec le notaire, notamment sur un sujet comme celui de la protection du conjoint. Le notaire, lui, a une vision globale sur le patrimoine de ses clients et peut inclure la rédaction de la clause dans une stratégie plus large. Globalement, je l'ai déjà dit pour la clause à options, mais il faut retenir que Cardif propose des trames de clauses bénéficiaires qui couvrent notamment les différents cas dont on a parlé aujourd'hui, les clauses démembrées, les clauses à options, etc. Et globalement, en cas de doute, nous avons l'expertise chez Cardif pour accompagner les partenaires et nos clients dans la rédaction de clauses complexes.

Gilbert Roux : Très bien. Eh bien ce sera donc là-dessus que nous allons clore ce numéro des #RDVExperts consacré aux clauses bénéficiaires et à la protection du conjoint. Merci Nicolas d'être venu jusqu'à nous. Et à très bientôt, merci.

Citation
On pense très souvent au contrat d'assurance vie comme un outil de rendement et d'optimisation fiscale, ce qui est vrai, mais il faut aussi vraiment insister sur ses qualités en matière de transmission patrimoniale. Nicolas Grégori