Le disponible fiscal des TNS

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Le disponible fiscal des TNS

Cynthia Diong

26/07/23 - Le disponible fiscal des TNS

Gilbert Roux : L'invité des #RDVExperts est Cynthia Diong. Bonjour, Cynthia, et merci d'avoir accepté notre invitation.

Cynthia Diong : Bonjour, Gilbert.

Gilbert Roux : Alors, Cynthia, je le rappelle, vous êtes juriste en ingénierie patrimoniale chez BNP Paribas Cardif et la raison de votre présence aujourd'hui, c'est que nous allons aborder un sujet qui est passionnant et surtout d'actualité puisqu'il s'agit du disponible fiscal pour un TNS. Un TNS, rappelons-le, c'est un... ?

Cynthia Diong : Travailleur non-salarié.

Gilbert Roux : Voilà, absolument, un travailleur non-salarié. Alors, je vous propose de commencer par un bref rappel de ce qu'est exactement le disponible fiscal qui s'intéresse donc aux travailleurs non-salariés, aux TNS.

Quel est le disponible fiscal des travailleurs non-salariés ?

Cynthia Diong : L’'administration fiscale a créé un dispositif d'incitation à la préparation de la retraite des Français. Les contribuables sont alors incités à se constituer une épargne disponible uniquement à leur retraite. En contrepartie, le versement effectué est déductible du bénéfice imposable en qualité de travailleur non-salarié. Le disponible fiscal du travailleur non-salarié est repris à l'article 154 bis du Code général des impôts. Sa particularité, c'est que le TNS dispose d'un disponible fiscal plus important lorsqu'il déduit le versement de son bénéfice imposable. Nous verrons cela un peu plus tard dans le détail. Je parle de bénéfice imposable, par souci de simplification, mais il peut s’agir d’un bénéfice industriel et commercial, d’un bénéfice non commercial, d’un bénéfice agricole ou encore de la rémunération du gérant majoritaire.

Gilbert Roux : On parle, Cynthia, d'un plafonnement des versements déductibles. Est-ce que, pour que tout le monde comprenne bien, c'est bien cela que l'on considère comme le fameux disponible fiscal ?

Le disponible fiscal des TNS correspond-il au plafonnement des versements déductibles?

Cynthia Diong : Oui, c'est bien cela, Gilbert. Il ne sera pas possible de réduire à le bénéfice imposable à 0 en effectuant un versement sur un contrat permettant la déductibilité du versement. C’est pourquoi il est important de bien calculer le disponible fiscal. Si le versement est supérieur au disponible fiscal calculé selon la formule que l’on verra après le surplus ne sera pas déductible et ne pourra pas être reporté ultérieurement.

Gilbert Roux : En 2019, c'est l'arrivée donc du fameux PER, le Plan Epargne Retraite. Alors, Cynthia Diong, est-ce que la donne a changé en matière d'éligibilité des contrats ? Je pense notamment aux anciens contrats retraite comme le fameux Madelin que tout le monde connaît bien.

Le PER a-t-il changé la donne en matière d'éligibilité des contrats ?

Cynthia Diong : Avant l'arrivée du Plan Epargne Retraite, les travailleurs non-salariés avaient un contrat qui leur était dédié pour effectuer leurs versements déductibles de leur bénéfice imposable dans le cadre de l'article 154 bis du Code général des impôts. C'était le fameux contrat Madelin ou encore le contrat Madelin agricole pour les travailleurs non-salariés agricoles. Ces contrats aujourd'hui ne peuvent plus être souscrits, mais ils peuvent toujours être alimentés. Désormais avec le plan d'épargne retraite, les travailleurs non-salariés ont la possibilité d'effectuer également leur versement déductible de leur bénéfice imposable. Alors, vous venez de dire, Cynthia, que les contrats Madelin et Madelin agricoles sont fermés à la commercialisation. Cependant, on peut continuer à verser sur ces contrats.

Gilbert Roux : Est-ce qu'il faut comprendre qu'avec le nouveau PER, le disponible fiscal est commun à tous ces contrats ?

Avec le PER, le disponible fiscal est-il commun à tous ces contrats ?

Cynthia Diong : C'est exactement ce qu'il faut comprendre. Lorsque vous appréciez votre disponible fiscal, il faudra effectivement prendre en compte les versements que vous aurez effectués sur un contrat Madelin ou un contrat Madelin agricole, mais également ceux effectués sur un PER qui auront été déduits de votre bénéfice imposable. Il faut également prendre en compte l'abondement reçu par l'entreprise dans le cadre d'un versement effectué sur un PERCO ou un PERECO.

Gilbert Roux : Alors, la question qui vient maintenant et tout naturellement, Cynthia Diong, c'est évidemment, comment on le calcule, ce fameux disponible fiscal ?

Comment se calcule le disponible fiscal ?

Cynthia Diong : Comme je l'ai dit en préambule, la formule de calcul est reprise à l'article 154 bis du Code général des impôts. Je vous invite à en prendre connaissance à l’écran.
Prenons un cas assez simple. Le travailleur non-salarié qui prévoit un bénéfice imposable qui s'élève à 100 000 € pour l'année 2023, dans ce cas, son disponible fiscal sera égal à 10% de 100 000 €, ce qui fait 10 000 €, auxquels on va ajouter le plafond complémentaire qui est égal à 15% de la différence entre 100 000 et un PASS, donc 100 000 € moins 43 992 € pour l’année 2023, soit 8 401 €. Au total, le disponible fiscal du travailleur non-salarié pour l'année 2023 sera de 18 400 €. Imaginons par ailleurs qu'en 2023, et son entreprise a abondé son versement de 400 € sur son PERCO. Dans ce cas-là, il faudra retraiter le disponible fiscal de la manière suivante : il sera alors égal à 18 400 moins 400 ce qui fait 18 000 € pour les versements effectués en 2023 déductibles de son bénéfice imposable. Enfin, si le bénéfice imposable est inférieur au plafond annuel de la Sécurité sociale de l'année 2023, dans ce cas, son disponible fiscal sera égal à 10% de 43 992€, soit 4 992 €. Veuillez noter que dans ce cas-là, le travailleur non-salarié ne dispose pas du plafond complémentaire de 15%.

Gilbert Roux : Alors tout cela est à la fois très clair mais à la fois complexeLes TNS peuvent-ils bénéficier de deux disponibles fiscaux, un au titre de leur activité et l'autre en tant que particulier ?

Les TNS peuvent-ils cumuler plusieurs disponibles fiscaux ?

Cynthia Diong : C'est une question qui nous est souvent posée, Gilbert. Le travailleur non-salarié a un disponible fiscal lié à son statut de travailleur indépendant et un disponible fiscal lié à son statut de particulier. Toutefois, ces deux disponibles fiscaux sont liés. En réalité, le travailleur non-salarié a la possibilité de déduire son versement de son bénéfice imposable en année N Ce versement sera repris par l'expert-comptable pour l'établissement de son bénéfice imposable de l’année N. Ou alors, il a la possibilité de déduire son versement de son revenu net global de l’année N-1. Ce versement sera alors indiqué dans sa déclaration de revenus 2042 qu'il effectue en tant que particulier en année N+1. Rappelons qu'avec l'arrivée du Plan Epargne Retraite, l'administration fiscale a précisé dans un décret qu'il appartient au contribuable de lui faire savoir le choix qu'il aura retenu : la déduction du revenu professionnel imposable ou la déduction du revenu net global. En tout état de cause, le versement déduit du bénéfice imposable en année N diminuera son plafond de déduction du revenu global. En effet, le travailleur non-salarié devra indiquer dans sa déclaration de revenus l’année suivante le versement qu’il aura déduit de son bénéfice imposable sans tenir compte de la fraction correspondant au 15% de la quote-part de son bénéfice imposable comprise entre 1 et 8 PASS.

Gilbert Roux : Nous allons entrer un peu plus dans la technique. Il y a une question qui se pose et qui nous a été posée, qui concerne le mécanisme de report du disponible fiscal sur trois ans et de la mutualisation entre époux. Est-ce que cela se fait ? Et si oui, sous quelles conditions ? Et évidemment est-ce que c'est accessible aux TNS puisque c'est le sujet du jour ?

Comment fonctionne le mécanisme de report et de mutualisation du disponible fiscal ?

Cynthia Diong : Lorsque le travailleur non-salarié a fait le choix de déduire son versement de son bénéfice imposable, dans ce cas il ne peut pas alors opter pour la mutualisation des plafonds de déduction avec son conjoint ou encore pour le report du disponible fiscal. Toutefois, il gardera cette possibilité s'il fait le choix de déduire son versement de son revenu net global.

Gilbert Roux : Une dernière question pour conclure ce podcast, Cynthia Diong. Je sais que les CGP et les courtiers partenaires de Cardif vous sollicitent parfois pour que vous calculiez le disponible fiscal de leurs clients, mais rappelons-le, le rôle de l'expert-comptable dans cette opération est quand même très important.

Quel est le meilleur interlocuteur pour calculer ce déductible fiscal ?

Cynthia Diong : Oui, Gilbert. Il est important pour le travailleur non-salarié de savoir s'il est plus intéressant pour lui de déduire le versement de son revenu catégoriel, donc de son bénéfice imposable, ou de le déduire de son revenu net global. Pour la déduction du revenu catégoriel, il convient au TNS de se rapprocher de son expert-comptable. Pour la déduction du revenu net global, dans ce cas, il est préférable que le TNS se rapproche de son conseiller en gestion de patrimoine indépendant avec sa déclaration de revenus et les versements qu'il aurait déduits de son bénéfice imposable en année N. Par défaut, le versement effectué sur un Plan Epargne Retraite par un travailleur non-salarié est déductible du revenu net global. Il sera alors indiqué en case 6NS ou 6NT dans la déclaration de revenus du travailleur non-salarié en année N+1. Mais si le travailleur non-salarié a opté pour la déduction du versement de son bénéfice imposable en année N, alors il devra déduire le montant de ce versement du montant indiqué en case 6NS ou 6NT et le reporter en case 6OS ou 6OT. En résumé, si le travailleur non-salarié a déduit le versement de son bénéfice imposable, il devra alors bien penser à modifier sa déclaration de revenus qui sera préremplie des informations transmises par l'établissement dans lequel il a souscrit le Plan Epargne Retraite.

Gilbert Roux : C'est donc la fin de ce podcast des #RDVExperts consacré au disponible fiscal pour les TNS. Alors rappelons-le Cynthia Diong, si nos partenaires CGP et courtiers qui sont à l’écoute ont d’autres questions à vous poser, ont besoin de rentrer un peu plus dans le détail, vous êtes évidemment disponible pour répondre à toutes leurs questions.

Cynthia Diong : Avec plaisir.

Gilbert Roux : Et cela se fait par l’intermédiaire des Chargés de partenariat. Merci beaucoup, Cynthia, d’être venue au micro des #RDVExperts, et je l’espère à très bientôt pour un autre sujet.

Cynthia Diong : Merci à vous, Gilbert.

Gilbert Roux : Merci à bientôt

Citation
Le travailleur non-salarié a un disponible fiscal lié à son statut de travailleur indépendant et un disponible fiscal lié à son statut de particulier. Toutefois, ces deux disponibles fiscaux sont liés. Cynthia Diong
 

Cynthia Diong

Intervenante

Cynthia Diong est une juriste spécialisée en Épargne et Retraite Individuelle chez BNP Paribas Cardif. Forte d'un Master 2 en gestion de patrimoine de l'université Paris Dauphine, elle se distingue par son désir constant d'apprendre et de développer de nouvelles compétences. Travaillant efficacement en équipe, elle atteint ses objectifs personnels tout en bénéficiant du réseau professionnel construit au cours de ses expériences précédentes. Son expertise et sa connaissance approfondie du domaine lui permettent de guider ses clients vers des choix d'investissement avisés et une planification financière optimale.

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Clauses bénéficiaires et protection du conjoint

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Clauses bénéficiaires et protection du conjoint

Nicolas Grégori

07/05/26 - Clauses bénéficiaires et protection du conjoint

Gilbert Roux : Comment désigner ce qui relève de la simple désignation bénéficiaire et ce qui relève d'une vraie stratégie de protection du conjoint ? C'est le thème de ce numéro des #RDVExperts : les clauses bénéficiaires, véritable levier de protection patrimoniale pour les couples et pour sécuriser le conjoint survivant. Pour nous en parler, j'ai le plaisir de recevoir Nicolas Grégori, juriste patrimonial BNP Paribas Cardif. Bonjour et bienvenue au micro de ce podcast, Nicolas.

Nicolas Grégori : Bonjour Gilbert.

Gilbert Roux : Alors Nicolas, dans l'assurance vie, le choix et la rédaction de la clause bénéficiaire conditionne, non seulement qui recevra le capital au décès, mais aussi comment cette protection peut être structurée juridiquement pour maximiser sécurité et clarté pour le conjoint.

En assurance vie, le choix et la rédaction de la clause bénéficiaire sont déterminants.

Nicolas Grégori : Effectivement, en premier lieu, il faut vraiment retenir une chose : la rédaction de la clause bénéficiaire, c'est le point central en assurance vie qui va nous permettre d'organiser la transmission des capitaux au décès. On pense très souvent et trop souvent même, au contrat d'assurance vie comme un outil de rendement et d'optimisation fiscale, ce qui est vrai, ça fait partie du contrat d'assurance vie, mais il faut aussi vraiment insister sur ses qualités en matière de transmission patrimoniale. Et pour le sujet qui nous intéresse aujourd'hui, la rédaction de la clause va effectivement nous permettre, via différentes solutions que l'on va détailler, d'optimiser la protection du conjoint survivant.

Gilbert Roux : Est-ce que c'est une erreur de penser que la clause, qu'on appelle clause standard, est suffisante pour protéger son conjoint ?

La clause « standard » est-elle suffisante pour protéger son conjoint ?

Nicolas Grégori : Dans la plupart des contrats d'assurance vie, on voit une clause dite « standard ». C'est une clause qui est assez facile à comprendre, elle n'utilise pas de termes techniques. On y désigne le conjoint, puis les enfants, leurs descendants et enfin les héritiers. Et c'est vrai que cette clause va répondre à la grande majorité des demandes et permet déjà de protéger très efficacement le conjoint survivant, puisqu'elle va viser à lui attribuer l'intégralité du capital, s'il en accepte le bénéfice, en exonération de droits. Le conjoint peut également renoncer au bénéfice du contrat et, avec cette clause standard, ce sont alors généralement les enfants qui vont être bénéficiaires des capitaux décès. Mais il y a un inconvénient majeur, sinon ce serait trop simple, concernant les capitaux transmis au conjoint via cette clause standard. Une fois que le conjoint a reçu le capital, cette somme d'argent va entrer définitivement dans son patrimoine et s'il ne consomme pas tout de son vivant, ces mêmes capitaux vont se retrouver dans son actif successoral et être taxés lors de son propre décès au profit de ses héritiers. Et cette fois-ci, on ne sera plus dans le cadre fiscal de l'assurance vie mais dans celui de la succession. Donc on protège très bien le conjoint, mais on n'optimise pas la transmission vers la génération suivante. Et surtout on n'apporte aucune nuance selon le besoin réel du conjoint au moment du décès. Soit il perçoit l'intégralité des capitaux, soit il n'en perçoit aucun en renonçant au bénéfice du contrat.

Gilbert Roux : Donc, si je comprends bien ce que vous venez de nous dire, Nicolas, dans cette clause standard, il y a d'une certaine manière un dilemme entre la protection immédiate du conjoint et l'optimisation de ce qu'on va appeler la transmission aux héritiers.

Avec la clause standard, il y a un dilemme entre protection du conjoint et optimisation de la transmission aux héritiers ?

Nicolas Grégori : Tout à fait. C'est une des raisons qui va nous pousser à rechercher une meilleure optimisation dans la rédaction de la clause bénéficiaire. On va viser toujours à protéger le conjoint, c'est le sujet qui nous intéresse, mais on va également vouloir anticiper la transmission aux enfants et dans certains cas, en apportant plus de subtilités quant à la part qui sera perçue par le conjoint dans les capitaux décès.

Gilbert Roux : Très bien. Je vous propose maintenant, Nicolas, d'aborder les autres solutions que l'on peut retenir.

Quelles sont les autres solutions à retenir ?

Nicolas Grégori : Il y a une stratégie qui est plus sophistiquée et qui revient très régulièrement, c'est celle de la clause bénéficiaire dite démembrée. Le démembrement, c'est un outil qui est particulièrement efficace. Il va nous permettre justement de concilier ces deux objectifs : on va protéger le conjoint d'une part, et préparer, anticiper la transmission aux enfants. Comment ça marche ? Eh bien au lieu de donner tout le capital, comme on l'a vu avec une clause standard, à une seule personne en pleine propriété, on va diviser ce droit de propriété en deux parties. D'un côté, on va avoir le conjoint qui sera bénéficiaire pour ce qu'on appelle l'usufruit. De l'autre côté, on aura les enfants qui seront désignés pour la nue-propriété. Je ne vais pas rentrer dans le détail du démembrement faute de temps, mais il faut apporter une subtilité : lorsqu'on parle de démembrement et que l'on veut protéger le conjoint survivant, on va se concentrer sur ce qu'on appelle un quasi-usufruit. En pratique, avec une clause démembrée prévoyant ce quasi-usufruit, le conjoint va recevoir l'intégralité du capital. Finalement, comme dans une clause standard, il va pouvoir l'utiliser comme il le souhaite.

Gilbert Roux : Alors, vous avez évoqué la transmission aux enfants. Est-ce que vous pouvez nous préciser un petit peu comment cela se passe ?

Comment se passe la transmission aux enfants ?

Nicolas Grégori : Ils disposent, en tant que nus-propriétaires de ce que l'on appelle une créance de restitution. Cette créance est finalement un droit donné au nu-propriétaire, qui va leur permettre de venir récupérer le montant en question auprès de la succession de l'usufruitier, sous réserve, c'est un point important, d'un actif successoral suffisant. Alors en parlant d'actif successoral suffisant, il faut préciser une chose lorsque l'on parle d'un quasi-usufruit : il y a un risque ici de dilapidation du capital par le quasi-usufruitier. On l'a dit, ce dernier reçoit l'intégralité des sommes. S'il consomme tout le capital et ne laisse pas à son décès un actif successoral suffisant, les nus-propriétaires peuvent perdre tout ou partie de leur créance. Donc on protège vraiment le conjoint, c'est l'objectif aujourd'hui, mais c'est un peu moins vrai pour les enfants. C'est la raison pour laquelle, souvent, les clauses démembrées vont prévoir des possibilités de mettre en place, par exemple, une caution au profit des nus-propriétaires. Il y a également une possibilité de rédiger une convention de quasi-usufruit. Souvent, ça se fait devant notaire et donc on va encadrer globalement le fonctionnement de ce quasi-usufruit. On va un petit peu limiter les risques de cette manière-là. C'est finalement une stratégie gagnant-gagnant. Le conjoint est protégé sa vie durant et les enfants bénéficient, en principe, on l'a vu, d'une créance leur permettant de récupérer le capital à terme sans subir de double taxation.

Gilbert Roux : Alors est-ce que, Nicolas, il faut en déduire que la clause bénéficiaire démembrée avec le quasi-usufruit serait la meilleure solution à mettre en place pour protéger le conjoint survivant via une clause bénéficiaire ?

La clause bénéficiaire démembrée avec quasi-usufruit est-elle la meilleure solution pour la protection du conjoint ?

Nicolas Grégori : Pas forcément. Sans entrer trop dans le détail des différents schémas, cette clause bénéficiaire démembrée peut perdre de son intérêt, d'une part en fonction des sommes transmises par le jeu des abattements, également de la situation familiale, avec une famille recomposée, la créance de restitution peut poser problème et également des besoins du conjoint survivant. Dans les deux schémas dont on a déjà parlé, à savoir la clause standard ou la clause démembrée avec quasi-usufruit, on part de l'idée, dans ces exemples, que le conjoint survivant a besoin de l'intégralité des capitaux à transmettre. Ce n'est pas forcément le cas. On peut apporter plus de souplesse au conjoint survivant, via notamment ce qu'on va appeler une clause à options. Alors attention, warning là-dessus, la clause à options doit vraiment être rédigée de façon très claire et précise pour éviter tout risque juridique et fiscal. Elle doit être encadrée, j'insiste vraiment sur ce point, par la volonté du souscripteur. Ce que ça veut dire, c'est que finalement, le bénéficiaire ne pourra jamais choisir par lui-même les options énumérées dans la clause, c'est vraiment énuméré par le souscripteur dans la clause.

Gilbert Roux : Ça, c'est pour le cas, c'est pour l'encadrement, on va dire. En termes pratiques, comment fait-on ?

En pratique, comment ça marche ?

Nicolas Grégori : En pratique, via une clause à options, le conjoint pourra accepter le bénéfice du contrat via différentes options. Ce sont toujours un petit peu les mêmes : 100 %, 75 %, 50 % ou 25 % du capital et le solde, dans un schéma familial classique, reviendra aux enfants. Cette clause va également parfois permettre au conjoint de choisir entre de la pleine propriété ou du démembrement. L'idée ici va être de conférer au conjoint, sur les capitaux décès, les mêmes droits dont il dispose en vertu d'une donation au dernier vivant. À noter, bien sûr, que sur demande de nos partenaires, nous pouvons leur transmettre ces modèles de clauses dites « à options ».

Gilbert Roux : Très important, effectivement, on peut vous contacter pour cela. Nous arrivons au terme de ce podcast, Nicolas. Est-ce qu'il y a un point sur lequel vous souhaitez insister avant de nous séparer ?

Un mot de conclusion ?

Nicolas Grégori : Pour conclure, sur le point central, on le répète systématiquement dans ce type de format, il faut absolument, lorsque l'on veut rédiger une clause bénéficiaire ou modifier la clause bénéficiaire d'un contrat en cours, consulter son conseiller. C'est d'autant plus indispensable lorsque l'on parle, comme aujourd'hui, d'optimisation en termes de transmission et donc de clauses bénéficiaires qui peuvent être relativement complexes à rédiger, donc vraiment nécessitent l'accompagnement d'un professionnel. On parle bien sûr du conseiller, il ne faut pas non plus hésiter à échanger avec le notaire, notamment sur un sujet comme celui de la protection du conjoint. Le notaire, lui, a une vision globale sur le patrimoine de ses clients et peut inclure la rédaction de la clause dans une stratégie plus large. Globalement, je l'ai déjà dit pour la clause à options, mais il faut retenir que Cardif propose des trames de clauses bénéficiaires qui couvrent notamment les différents cas dont on a parlé aujourd'hui, les clauses démembrées, les clauses à options, etc. Et globalement, en cas de doute, nous avons l'expertise chez Cardif pour accompagner les partenaires et nos clients dans la rédaction de clauses complexes.

Gilbert Roux : Très bien. Eh bien ce sera donc là-dessus que nous allons clore ce numéro des #RDVExperts consacré aux clauses bénéficiaires et à la protection du conjoint. Merci Nicolas d'être venu jusqu'à nous. Et à très bientôt, merci.

Citation
On pense très souvent au contrat d'assurance vie comme un outil de rendement et d'optimisation fiscale, ce qui est vrai, mais il faut aussi vraiment insister sur ses qualités en matière de transmission patrimoniale. Nicolas Grégori