La société civile

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La société civile

Thomas Boucheron

09/12/21 - La société civile

GILBERT ROUX Bienvenue sur les #RDVExperts, le podcast destiné aux conseillers en gestion de patrimoine et courtiers partenaires de Cardif. Qu'elle soit immobilière, connue sous l'acronyme SCI, ou patrimoniale, SCP, la société civile est un moyen pour à la fois gérer en commun des actifs diversifiés, mais également optimiser la transmission d'un patrimoine à ses héritiers. Alors le podcast les #RDVExperts s'intéresse de près à ce sujet aujourd'hui, et pour répondre à toutes nos questions, j'ai invité Thomas Boucheron. Bonjour, Thomas.

THOMAS BOUCHERON Bonjour, Gilbert.

GILBERT ROUX Thomas, je le rappelle, vous êtes ingénieur patrimonial chez BNP Paribas Cardif, et vous allez donc tout nous expliquer sur les avantages et les inconvénients de la société civile, vous m'avez précisé à l'IR, et ça, c'est important.

THOMAS BOUCHERON Tout à fait, très important.

GILBERT ROUX Très bien. Alors, Thomas, je vous propose d'abord de nous redéfinir en quelques mots ce qu'est une société civile, quelle forme elle peut prendre, et surtout quel type de société civile va nous intéresser dans ce que vous allez nous présenter aujourd'hui.

Pourriez-vous définir ce qu'est une société civile ?

THOMAS BOUCHERON Alors, la société civile est une société de personnes ayant une activité civile, c'est-à-dire une activité qui n'est pas commerciale. Il existe une multitude de formes de société civile, mais aujourd'hui nous nous intéresserons à la société civile immobilière, et plus généralement à la société civile de patrimoine.

GILBERT ROUX Est-ce qu'on peut dire du coup ce que j'évoquais légèrement en introduction, que la société civile est pour les gestionnaires patrimoniaux, pour les ingénieurs patrimoniaux que vous êtes, c'est un véritable outil d'optimisation justement de la gestion patrimoniale ?

Est-ce un véritable outil d'optimisation de la gestion patrimoniale ?

THOMAS BOUCHERON Oui, tout à fait, la société civile est un excellent outil de gestion et de transmission du patrimoine. Elle permet de transmettre à ses enfants, d'acquérir un bien notamment avec son concubin ou de protéger une personne vulnérable. Son cadre légal offre une grande souplesse aux associés pour la rédaction des statuts et va permettre d'avoir des statuts correspondant aux souhaits et aux objectifs des associés. En pratique, il est quand même conseillé d'avoir recours à un spécialiste, un notaire ou un avocat, pour avoir des statuts clairs et précis.

GILBERT ROUX Thomas, la société civile, si j'ai bien compris, a son propre patrimoine, mais est-ce que celui-ci se confond avec celui des associés ?

THOMAS BOUCHERON Alors, non, la société civile dispose de la personnalité morale. Elle a donc son propre patrimoine qui est distinct de celui de ses associés.

GILBERT ROUX Un cas pratique, très simple. C'est celui de ma résidence principale. Si je fais en sorte que ma SCI, qui est à l'impôt sur le revenu, vous l'avez précisé tout à l'heure, donc la SCI à l'IR, la détienne dans son patrimoine, est-ce que c'est une bonne ou une mauvaise idée selon vous ?

Détenir sa résidence principale dans une SCI à l’IR, est-ce une bonne idée ?

THOMAS BOUCHERON Alors, c'est plutôt une mauvaise idée, puisque le fait de détenir sa résidence principale dans une SCI va faire perdre au propriétaire des avantages dont il pourrait disposer en direct. Notamment, il ne pourra pas bénéficier de l'abattement de 30 % en matière d'IFI lorsque la résidence principale est dans une SCI. Le droit viager du conjoint survivant ne pourra pas s'appliquer de la même manière sauf à ce que les statuts de la SCI prévoient une convention d'occupation. Et également, il ne sera pas possible de sortir de façon anticipée d'un PEE ou d'un PERCO pour acquérir sa résidence principale lorsque celle-ci est acquise au travers d'une SCI. La sortie anticipée d'un PEE ou d'un PERCO est possible uniquement lorsque le contribuable va acquérir sa résidence principale en direct.

GILBERT ROUX Alors, ça, c'est quand même un point important, parce que, dans l'esprit collectif, inscrire une résidence principale dans une SCI, c'est plutôt une bonne opération, et là vous nous prouver le contraire. Et surtout pour le conjoint, vous dites ?

THOMAS BOUCHERON Voilà, alors c'est vrai que pour la résidence principale, autant détenir le bien en direct. Notamment ça permettra après au conjoint survivant de pouvoir en disposer librement pour acquérir un nouveau bien sans avoir de comptes à rendre aux associés. Ça lui offre plus de souplesse.

GILBERT ROUX Une autre question, Thomas Boucheron, si jamais il me venait l'idée d'inscrire comme bénéficiaire désigné une société civile sur mon contrat d'assurance vie. Alors, d'une part, est-ce que j'ai le droit et est-ce que je peux le faire ? Et d'autre part, est-ce que je peux également désigner comme bénéficiaires les associés de cette même société civile ?

Dans un contrat d’assurance vie, peut-on désigner comme bénéficiaire une SCI ou ses associés ?

THOMAS BOUCHERON Alors, en ce qui concerne la désignation de bénéficiaires de la société civile à l'IR, oui, c'est tout à fait possible. En pratique, cette désignation s'effectue dans le cadre d'une opération de sécurisation de l'affectation des fonds et doit présenter un intérêt patrimonial, notamment lorsque les capitaux décès sont versés à des mineurs ou à des personnes vulnérables. Fiscalement, la société civile est considérée comme un bénéficiaire à part entière, c'est-à-dire que Cardif appliquera la fiscalité décès de droit commun. Si les primes ont été versées avant les 70 ans de l'assuré, on appliquera un abattement de 150-2500 € par bénéficiaire, et, ce qui est beaucoup plus rare, mais si les primes ont été versées après les 70 ans, on appliquera le taux de 60% puisque la société civile est considérée comme un tiers.

GILBERT ROUX Dans quel cas de figure précis cette disposition de nommer bénéficiaire une société civile peut être intéressante dans une gestion patrimoniale ?

THOMAS BOUCHERON Cette désignation, comme je vous l'ai indiqué, est très intéressante lorsque nous avons des associés qui sont mineurs ou des personnes vulnérables. Ça va permettre de sécuriser l'affectation des fonds pour éviter que les fonds soient dilapidés et d'avoir une gestion qui correspond au mieux aux intérêts de la personne vulnérable ou de l'enfant mineur.

GILBERT ROUX Est-ce que les associés peuvent également être désignés comme bénéficiaires ? Je parle bien évidemment des associés de la société civile. Ou est-ce que c'est un peu plus compliqué que ça ?

Les associés d’une SCI peuvent-ils également être désignés comme bénéficiaires sur un contrat d'assurance vie ?

THOMAS BOUCHERON Alors, en fait, dans cette hypothèse, il ne faut pas que la désignation de tous les associés ait été faite dans un but exclusivement ou principalement fiscal. On risque de tomber dans l'abus de droit. Donc dans ces cas-là, il est conseillé d'avoir recours à un avocat ou à un notaire qui verra quelle est la meilleure solution pour les associés de la société civile, sachant qu'encore une fois, cette société civile a été désignée bénéficiaire pour gérer au mieux les capitaux décès et protéger, donc, la personne mineure et la personne vulnérable.

GILBERRT ROUX Donc si je vous comprends bien, il peut y avoir des associés de la société civile comme bénéficiaires, mais dans une certaine limite. On est bien d'accord, tout n'est pas permis ?

THOMAS BOUCHERON Oui, tout n'est pas permis et l'idéal, finalement, c'est de désigner la société civile bénéficiair unique des capitaux décès pour éviter tout risque de requalification en abus de droit.

GIBLERT ROUX Très bien. Nous allons maintenant parler contrat de capitalisation et nous sommes bien d'accord, Thomas Boucheron, une société civile à l'IR peut détenir un ou des contrats de capitalisation.

Une société civile à l'IR peut-elle détenir un ou des contrats de capitalisation ?

THOMAS BOUCHERON Oui, tout à fait, une société civile à l'IR peut détenir un contrat de capitalisation si ses statuts le prévoient.

GILBERT ROUX Alors la question qui vient tout naturellement derrière, c'est quelle est la fiscalité qui s'applique si une société civile en détient ? Et comment les choses se passent lorsqu'il y a un rachat qui intervient ?

THOMAS BOUCHERON En cas de rachat, la fiscalité est la même que pour les personnes physiques qui détiennent un contrat de capitalisation en direct selon les règles de l'article 125-O A. Donc je vous rappelle qu'on va distinguer les produits des primes qui ont été versées avant le 27 septembre 2017, et les produits des primes qui sont versées à compter du 27 septembre 2017. Dans un cas, on appliquera le prélèvement forfaitaire libératoire et dans l'autre cas, le PFU. Donc lorsque la société civile va faire un rachat, deux cas peuvent se présenter. Premier cas, la société civile mandate Cardif. Cette décision est prise à l'unanimité des associés. Dans ces cas-là, Cardif va effectuer le prélèvement soit du PFU soit du PFL et des prélèvements sociaux et effectuera toutes les démarches auprès de l'administration fiscale. Je précise qu'il y a un mandat par rachat, c'est-à-dire que s'il y a deux rachats, il devrait y avoir deux mandats de donner à Cardif. Autre cas, la société civile ne mandate pas Cardif. Dans ces cas-là, Cardif va effectuer le versement d'un montant brut à la société civile, et c'est au niveau de la société civile que les démarches devront être effectuées pour le paiement du PFL ou du PFU et des prélèvements sociaux, auprès de l'administration fiscale. Et c'est la SCI qui devra remplir le formulaire 2 777 à cet effet.

GILBERT ROUX Nous sommes arrivés donc au terme de ce podcast les #RDVExperts consacré à la société civile à l'IR. J'imagine que certains d'entre vous auront des questions voire des cas pratiques et on est bien d'accord, Thomas, vous êtes toujours disponible pour répondre aux questions qu'on va vous poser soit par mail soit via les chargés de partenariat ?

THOMAS BOUCHERON Oui, tout à fait, pas de souci.

GILBERT ROUX Très bien, alors merci d'être venu jusqu'à nous, Thomas Boucheron, pour nous présenter la société civile, et à très bientôt. Merci, Gilbert. À très bientôt, au revoir. Et merci à vous d'avoir écouté les #RDVExperts. Si vous avez aimé l'émission, n'hésitez pas à la partager avec votre réseau, à donner des étoiles. N'hésitez pas non plus à nous faire part de vos remarques, de vos questions, mais aussi des sujets que vous aimeriez voir aborder sur les #RDVExperts.

Citation
La société civile est un excellent outil de gestion et de transmission du patrimoine. Elle permet de transmettre à ses enfants, d'acquérir un bien notamment avec son concubin ou de protéger une personne vulnérable. Son cadre légal offre une grande souplesse aux associés pour la rédaction des statuts et va permettre d'avoir des statuts correspondant aux souhaits et aux objectifs des associés. Thomas Boucheron
 

Thomas Boucheron

Intervenant

Diplômé d’un Master 2 en Droit et Gestion du Patrimoine, Thomas Boucheron débute sa carrière d’ingénieur patrimonial chez BNP Paribas Wealth Management, avant d’intégrer en 2021 le service Support juridique et Patrimonial de BNP Paribas Cardif, dont il a la charge sous la responsabilité de Pascal Lavielle. Il vient en appui à tous les réseaux de distribution sur leurs problématiques juridiques, fiscales et patrimoniales liées aux contrats d’assurance vie et de capitalisation ainsi qu’à la retraite individuelle.

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Clauses bénéficiaires et protection du conjoint

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Clauses bénéficiaires et protection du conjoint

Nicolas Grégori

07/05/26 - Clauses bénéficiaires et protection du conjoint

Gilbert Roux : Comment désigner ce qui relève de la simple désignation bénéficiaire et ce qui relève d'une vraie stratégie de protection du conjoint ? C'est le thème de ce numéro des #RDVExperts : les clauses bénéficiaires, véritable levier de protection patrimoniale pour les couples et pour sécuriser le conjoint survivant. Pour nous en parler, j'ai le plaisir de recevoir Nicolas Grégori, juriste patrimonial BNP Paribas Cardif. Bonjour et bienvenue au micro de ce podcast, Nicolas.

Nicolas Grégori : Bonjour Gilbert.

Gilbert Roux : Alors Nicolas, dans l'assurance vie, le choix et la rédaction de la clause bénéficiaire conditionne, non seulement qui recevra le capital au décès, mais aussi comment cette protection peut être structurée juridiquement pour maximiser sécurité et clarté pour le conjoint.

En assurance vie, le choix et la rédaction de la clause bénéficiaire sont déterminants.

Nicolas Grégori : Effectivement, en premier lieu, il faut vraiment retenir une chose : la rédaction de la clause bénéficiaire, c'est le point central en assurance vie qui va nous permettre d'organiser la transmission des capitaux au décès. On pense très souvent et trop souvent même, au contrat d'assurance vie comme un outil de rendement et d'optimisation fiscale, ce qui est vrai, ça fait partie du contrat d'assurance vie, mais il faut aussi vraiment insister sur ses qualités en matière de transmission patrimoniale. Et pour le sujet qui nous intéresse aujourd'hui, la rédaction de la clause va effectivement nous permettre, via différentes solutions que l'on va détailler, d'optimiser la protection du conjoint survivant.

Gilbert Roux : Est-ce que c'est une erreur de penser que la clause, qu'on appelle clause standard, est suffisante pour protéger son conjoint ?

La clause « standard » est-elle suffisante pour protéger son conjoint ?

Nicolas Grégori : Dans la plupart des contrats d'assurance vie, on voit une clause dite « standard ». C'est une clause qui est assez facile à comprendre, elle n'utilise pas de termes techniques. On y désigne le conjoint, puis les enfants, leurs descendants et enfin les héritiers. Et c'est vrai que cette clause va répondre à la grande majorité des demandes et permet déjà de protéger très efficacement le conjoint survivant, puisqu'elle va viser à lui attribuer l'intégralité du capital, s'il en accepte le bénéfice, en exonération de droits. Le conjoint peut également renoncer au bénéfice du contrat et, avec cette clause standard, ce sont alors généralement les enfants qui vont être bénéficiaires des capitaux décès. Mais il y a un inconvénient majeur, sinon ce serait trop simple, concernant les capitaux transmis au conjoint via cette clause standard. Une fois que le conjoint a reçu le capital, cette somme d'argent va entrer définitivement dans son patrimoine et s'il ne consomme pas tout de son vivant, ces mêmes capitaux vont se retrouver dans son actif successoral et être taxés lors de son propre décès au profit de ses héritiers. Et cette fois-ci, on ne sera plus dans le cadre fiscal de l'assurance vie mais dans celui de la succession. Donc on protège très bien le conjoint, mais on n'optimise pas la transmission vers la génération suivante. Et surtout on n'apporte aucune nuance selon le besoin réel du conjoint au moment du décès. Soit il perçoit l'intégralité des capitaux, soit il n'en perçoit aucun en renonçant au bénéfice du contrat.

Gilbert Roux : Donc, si je comprends bien ce que vous venez de nous dire, Nicolas, dans cette clause standard, il y a d'une certaine manière un dilemme entre la protection immédiate du conjoint et l'optimisation de ce qu'on va appeler la transmission aux héritiers.

Avec la clause standard, il y a un dilemme entre protection du conjoint et optimisation de la transmission aux héritiers ?

Nicolas Grégori : Tout à fait. C'est une des raisons qui va nous pousser à rechercher une meilleure optimisation dans la rédaction de la clause bénéficiaire. On va viser toujours à protéger le conjoint, c'est le sujet qui nous intéresse, mais on va également vouloir anticiper la transmission aux enfants et dans certains cas, en apportant plus de subtilités quant à la part qui sera perçue par le conjoint dans les capitaux décès.

Gilbert Roux : Très bien. Je vous propose maintenant, Nicolas, d'aborder les autres solutions que l'on peut retenir.

Quelles sont les autres solutions à retenir ?

Nicolas Grégori : Il y a une stratégie qui est plus sophistiquée et qui revient très régulièrement, c'est celle de la clause bénéficiaire dite démembrée. Le démembrement, c'est un outil qui est particulièrement efficace. Il va nous permettre justement de concilier ces deux objectifs : on va protéger le conjoint d'une part, et préparer, anticiper la transmission aux enfants. Comment ça marche ? Eh bien au lieu de donner tout le capital, comme on l'a vu avec une clause standard, à une seule personne en pleine propriété, on va diviser ce droit de propriété en deux parties. D'un côté, on va avoir le conjoint qui sera bénéficiaire pour ce qu'on appelle l'usufruit. De l'autre côté, on aura les enfants qui seront désignés pour la nue-propriété. Je ne vais pas rentrer dans le détail du démembrement faute de temps, mais il faut apporter une subtilité : lorsqu'on parle de démembrement et que l'on veut protéger le conjoint survivant, on va se concentrer sur ce qu'on appelle un quasi-usufruit. En pratique, avec une clause démembrée prévoyant ce quasi-usufruit, le conjoint va recevoir l'intégralité du capital. Finalement, comme dans une clause standard, il va pouvoir l'utiliser comme il le souhaite.

Gilbert Roux : Alors, vous avez évoqué la transmission aux enfants. Est-ce que vous pouvez nous préciser un petit peu comment cela se passe ?

Comment se passe la transmission aux enfants ?

Nicolas Grégori : Ils disposent, en tant que nus-propriétaires de ce que l'on appelle une créance de restitution. Cette créance est finalement un droit donné au nu-propriétaire, qui va leur permettre de venir récupérer le montant en question auprès de la succession de l'usufruitier, sous réserve, c'est un point important, d'un actif successoral suffisant. Alors en parlant d'actif successoral suffisant, il faut préciser une chose lorsque l'on parle d'un quasi-usufruit : il y a un risque ici de dilapidation du capital par le quasi-usufruitier. On l'a dit, ce dernier reçoit l'intégralité des sommes. S'il consomme tout le capital et ne laisse pas à son décès un actif successoral suffisant, les nus-propriétaires peuvent perdre tout ou partie de leur créance. Donc on protège vraiment le conjoint, c'est l'objectif aujourd'hui, mais c'est un peu moins vrai pour les enfants. C'est la raison pour laquelle, souvent, les clauses démembrées vont prévoir des possibilités de mettre en place, par exemple, une caution au profit des nus-propriétaires. Il y a également une possibilité de rédiger une convention de quasi-usufruit. Souvent, ça se fait devant notaire et donc on va encadrer globalement le fonctionnement de ce quasi-usufruit. On va un petit peu limiter les risques de cette manière-là. C'est finalement une stratégie gagnant-gagnant. Le conjoint est protégé sa vie durant et les enfants bénéficient, en principe, on l'a vu, d'une créance leur permettant de récupérer le capital à terme sans subir de double taxation.

Gilbert Roux : Alors est-ce que, Nicolas, il faut en déduire que la clause bénéficiaire démembrée avec le quasi-usufruit serait la meilleure solution à mettre en place pour protéger le conjoint survivant via une clause bénéficiaire ?

La clause bénéficiaire démembrée avec quasi-usufruit est-elle la meilleure solution pour la protection du conjoint ?

Nicolas Grégori : Pas forcément. Sans entrer trop dans le détail des différents schémas, cette clause bénéficiaire démembrée peut perdre de son intérêt, d'une part en fonction des sommes transmises par le jeu des abattements, également de la situation familiale, avec une famille recomposée, la créance de restitution peut poser problème et également des besoins du conjoint survivant. Dans les deux schémas dont on a déjà parlé, à savoir la clause standard ou la clause démembrée avec quasi-usufruit, on part de l'idée, dans ces exemples, que le conjoint survivant a besoin de l'intégralité des capitaux à transmettre. Ce n'est pas forcément le cas. On peut apporter plus de souplesse au conjoint survivant, via notamment ce qu'on va appeler une clause à options. Alors attention, warning là-dessus, la clause à options doit vraiment être rédigée de façon très claire et précise pour éviter tout risque juridique et fiscal. Elle doit être encadrée, j'insiste vraiment sur ce point, par la volonté du souscripteur. Ce que ça veut dire, c'est que finalement, le bénéficiaire ne pourra jamais choisir par lui-même les options énumérées dans la clause, c'est vraiment énuméré par le souscripteur dans la clause.

Gilbert Roux : Ça, c'est pour le cas, c'est pour l'encadrement, on va dire. En termes pratiques, comment fait-on ?

En pratique, comment ça marche ?

Nicolas Grégori : En pratique, via une clause à options, le conjoint pourra accepter le bénéfice du contrat via différentes options. Ce sont toujours un petit peu les mêmes : 100 %, 75 %, 50 % ou 25 % du capital et le solde, dans un schéma familial classique, reviendra aux enfants. Cette clause va également parfois permettre au conjoint de choisir entre de la pleine propriété ou du démembrement. L'idée ici va être de conférer au conjoint, sur les capitaux décès, les mêmes droits dont il dispose en vertu d'une donation au dernier vivant. À noter, bien sûr, que sur demande de nos partenaires, nous pouvons leur transmettre ces modèles de clauses dites « à options ».

Gilbert Roux : Très important, effectivement, on peut vous contacter pour cela. Nous arrivons au terme de ce podcast, Nicolas. Est-ce qu'il y a un point sur lequel vous souhaitez insister avant de nous séparer ?

Un mot de conclusion ?

Nicolas Grégori : Pour conclure, sur le point central, on le répète systématiquement dans ce type de format, il faut absolument, lorsque l'on veut rédiger une clause bénéficiaire ou modifier la clause bénéficiaire d'un contrat en cours, consulter son conseiller. C'est d'autant plus indispensable lorsque l'on parle, comme aujourd'hui, d'optimisation en termes de transmission et donc de clauses bénéficiaires qui peuvent être relativement complexes à rédiger, donc vraiment nécessitent l'accompagnement d'un professionnel. On parle bien sûr du conseiller, il ne faut pas non plus hésiter à échanger avec le notaire, notamment sur un sujet comme celui de la protection du conjoint. Le notaire, lui, a une vision globale sur le patrimoine de ses clients et peut inclure la rédaction de la clause dans une stratégie plus large. Globalement, je l'ai déjà dit pour la clause à options, mais il faut retenir que Cardif propose des trames de clauses bénéficiaires qui couvrent notamment les différents cas dont on a parlé aujourd'hui, les clauses démembrées, les clauses à options, etc. Et globalement, en cas de doute, nous avons l'expertise chez Cardif pour accompagner les partenaires et nos clients dans la rédaction de clauses complexes.

Gilbert Roux : Très bien. Eh bien ce sera donc là-dessus que nous allons clore ce numéro des #RDVExperts consacré aux clauses bénéficiaires et à la protection du conjoint. Merci Nicolas d'être venu jusqu'à nous. Et à très bientôt, merci.

Citation
On pense très souvent au contrat d'assurance vie comme un outil de rendement et d'optimisation fiscale, ce qui est vrai, mais il faut aussi vraiment insister sur ses qualités en matière de transmission patrimoniale. Nicolas Grégori