Investissement immobilier et pierre papier : les grandes tendances

#

Investissement immobilier et pierre papier : les grandes tendances

Diane Chemla et Richard Malle

28/09/23 - Investissement immobilier et pierre papier : les grandes tendances

GILBERT ROUX Les #RDVExperts donnent la parole aujourd'hui à Diane Chemla et Richard Malle, tous deux représentants de la société BNP Paribas Real Estate. Alors, bonjour et bienvenue, Diane.

DIANE CHEMLA Bonjour, Gilbert.

GILBERT ROUX Vous êtes bien connue des CGP et courtiers qui sont à l'écoute puisque vous êtes Responsable du développement commercial chez BNP Paribas Real Estate Investment Management France. Et à vos côtés, Richard Malle : vous êtes Directeur adjoint Business Services Research Innovation Data chez BNP Paribas Real Estate.

RICHARD MALLE Bonjour.

GILBERT ROUX Ça veut dire quoi, exactement, cette fonction ?

RICHARD MALLE Pour essayer de faire simple, c'est de, ensemble, avec toutes les équipes, prendre la donnée, la qualifier, prendre la meilleure, qu'elle soit au niveau économique, financier, immobilier et en faire des analyses les plus poussées possibles et de la prospective sur les marchés immobiliers.

GILBERT ROUX Vous l'aurez donc compris, ce podcast est à thématique financière et avec BNP Paribas Real Estate comme invité expert évidemment, nous allons traiter de l'investissement dans l'immobilier. Alors, Richard, si vous le voulez bien, je vous propose de commencer en contextualisant un peu le thème d'aujourd'hui. Quel est le regard que vous portez sur la situation économique actuelle ? Et je voudrais qu'on aille un petit peu plus loin dans votre analyse. Est-ce que vous vous autorisez finalement à faire des prévisions, disons, jusqu'en 2024 ?

Quel regard portez-vous sur la situation économique actuelle ?

RICHARD MALLE Je dirais que la situation économique actuelle n'est pas si mauvaise que cela parce que finalement, ça fait plusieurs mois, voire plusieurs trimestres, qu'on nous dit qu'on va avoir une récession plus ou moins significative à partir de 2023. Eh bien, force est de reconnaître que pour l'instant, elle n'est pas là avec les chiffres déjà fin 2022, ce qui est déjà une première surprise. Et deuxièmement, les récentes enquêtes de conjoncture qu'on a jusqu'à janvier - février sont encore plutôt bonnes, dans le sens où elles voient plutôt une stabilisation d'activité, mais pas un déclin d'activité. Et c'est pourquoi on verrait plutôt une croissance finalement à zéro ou disons, une atonie de la croissance pour 2023, et après, une reprise, modérée certes mais reprise toute de même, autour de 1% pour l'année prochaine, en 2024. Alors, par contre, ce 0% de croissance, bon, on pourrait mieux faire mais c'est pas si mal non plus, et ça nous permettra finalement de stabiliser l'emploi salarié, que ce soit en Île-de-France ou en région, notamment pour la France. Par exemple pour l'Île-de-France, il y a eu 300 000 créations de postes en 2021 et 2022.

GILBERT ROUX L'inflation, c'est un sujet qui préoccupe beaucoup les épargnants et tous ceux qui nous écoutent aujourd'hui. Quelle est son incidence finalement sur le marché qui a connu de fortes hausses l'année dernière ?

Quelle est l’incidence de l’inflation sur le marché ?

RICHARD MALLE Alors effectivement, l'inflation, comme on sait, a connu des records. On a un choc inflationniste très fort depuis 2022, qui est dû au conflit géopolitique, mais pas seulement, puisqu'on a déjà vu cette inflation progresser dès fin 2021. Globalement, pour la France, on aura une inflation à peu de choses près, quelques décimales près, à disons 6% pour 2022. On attend finalement la même chose pour 2023. Pourquoi ? Parce que déjà on va avoir les effets de bouclier tarifaire qui vont s'estomper sur 2023 et donc finalement nous maintenir à une inflation relativement significative à 6%. Ça, c'est le premier point. Par contre, que voit-on à partir de 2024 ? On voit une réduction assez significative de cette inflation. Pourquoi ? Parce qu'on pense que ça ne peut pas continuer ainsi à des niveaux d'inflation de l'ordre de 5-6%. Les ménages ne pourraient pas suivre, pas subir de telles hausses de prix. Ça, c'est le premier élément. Et le deuxième élément, le ralentissement économique en cours et le resserrement monétaire des banques centrales font que la demande va se réduire et donc finalement permettre aux prix de davantage se modérer autour de 2 à 3 % que l'on attend à partir de 2024. L'incidence sur l'immobilier, comme on a des revenus qui sont indexés, via notamment l'inflation, que ce soit en immobilier d'habitation ou en immobilier d'entreprise, eh bien, finalement, on a le produit couverture qu’est l'immobilier qui joue à plein depuis 2022, depuis l'inflation.

GILBERT ROUX Alors, il n'aura échappé à personne que les taux d'intérêt ont fortement augmenté depuis un an. Richard Malle, en tant qu'expert et en tant qu'analyste, comment voyez-vous cette tendance ? Est-ce que pour vous, c'est une tendance qui est plutôt durable ?

L’augmentation des taux d'intérêt, est-ce une tendance durable ?

RICHARD MALLE Alors, ce qui est durable, c'est que finalement les niveaux actuels de taux, il va falloir s'y habituer. Les niveaux de taux à zéro qu'on a eus pendant quand même quasiment 5-6 ans de 2015 à 2020-2021, c'est terminé, que ce soit pour les taux cours ou pour les taux longs. Ça, c'est le premier point. Ils ont commencé à fortement progresser, tant pour les taux courts, les taux directeurs de la banque centrale courant 2022, également par effet ricochet sur les taux longs, disons les taux obligataires à dix ans pareil sur 2022. On attend encore quelques progressions sur 2023, à la fois pour les taux directeurs de la Banque centrale européenne qui pourraient d'ailleurs atteindre un point haut courant 2023. Les taux obligataires aussi pourraient encore progresser sur les prochains mois. Mais par contre, à partir de 2024, en lien avec une inflation qu'on attend plus contrôlée et le ralentissement de l'économie en cours, on pourrait voir des taux s'apaiser, se consolider, au courant de l'année 2024, peu ou prou au niveau actuel. Donc disons pour résumer que 2023 pourrait s'installer comme une année de situation de stabilisation sur les marchés de taux.

GILBERT ROUX Est-ce que vous pensez que cette situation a un impact direct sur l'investissement immobilier ?

RICHARD MALLE Clairement elle a un impact. Alors, déjà ce qu'il faut rappeler, c'est que la hausse des taux financiers, c'est quelque chose qu'on attendait, qu'on craignait depuis que les taux avaient baissé, c'est-à-dire depuis 2015-2016. Tous les ans, on se disait : "Les taux pourraient augmenter, qu'est-ce qu'il va se passer ?" Ils ont progressé en 2022, on le sait, de manière assez significative, plus fortement qu'attendu un an auparavant, mais par contre, dans le même temps, il faut le rappeler, on a cette inflation qui, elle, n'était pas attendue et de plus, à ces niveaux-là. On attend une inflation encore forte cette année. Elle a été forte l'année dernière, et on l'attend finalement, même si elle devrait être plus contrôlée à partir de 2024, autour de 2-3% comme on l'a dit. Cela reste des niveaux d'inflation bien plus significatifs que ce qu'on a connu pendant les années 2000-2010, autour de 1-1,5%. Et donc finalement, quel est l'impact sur l'investissement immobilier ? On a d'une part, l'effet loyer qui progresse significativement grâce à l'inflation. D'un autre côté, les taux qui, eux, finalement poussent à la baisse les prix, mais la baisse des prix est largement amortie par cette inflation qui est finalement aujourd'hui bienvenue.

GILBERT ROUX C'est quand même une situation assez complexe. Alors du coup, Richard, si on regarde à court et moyen terme, comment, selon vous, les prix de l'immobilier vont-ils se comporter ?

Comment vont se comporter les prix de l’immobilier ?

RICHARD MALLE Alors, si on prend par exemple le prix de l'immobilier, disons, commercial, tout sauf résidentiel, il a baissé, modérément tout de même, au cours de l'année 2022 de quelques points de pourcentage. En fonction des segments de marché, ça va de -1, -2 à -5% tout au plus, ou vraiment cas extrême. Ça, c'est le premier point. On attend des baisses du même ordre courant 2023, mais par contre, 2023 devrait être un point bas des prix. Après, à partir de 2024, on attend un retour à la hausse, modéré, certes, mais hausse tout de même, car la hausse du revenu va prendre le pas sur le sujet des taux et faire progresser les prix modérément mais sûrement au cours des prochaines années.

GILBERT ROUX Un dernier point que je souhaiterais aborder avec vous, Richard Malle, c'est le marché des bureaux, le marché résidentiel ou celui de la santé d'ailleurs, et toujours dans ce contexte de ralentissement économique auquel s'ajoute d'ailleurs le télétravail qui est un nouveau paramètre à prendre en compte. Comment le marché réagit face à tout cela ?

Comment réagit le marché dans ce contexte de ralentissement économique ?

RICHARD MALLE Alors, c'est vrai, reprenons 2020, année des confinements comme on s'en souvient tous, avec le télétravail en place. On se disait que le bureau était mort, qu'on n'en avait plus besoin, etc. Ce n’était pas notre conviction et finalement on a eu raison, et finalement plus que raison, parce qu'aujourd'hui le marché locatif est vraiment au-dessus de nos attentes. Dans les cœurs de ville, dans les principales métropoles, dans les meilleures localisations, les taux de vacance sont très bas, les loyers sont orientés à la hausse et la demande est très forte. Aujourd'hui, les entreprises demandent plus que jamais des bureaux mais elles demandent aussi à en changer pour s'adapter aux nouveaux usages, pour avoir finalement une surface qui correspond davantage à leurs attentes, une meilleure localisation, ce qui est un sujet davantage clé aujourd'hui, et également le sujet des certifications qui entre en compte. Et si finalement, on est capable de proposer dans un portefeuille des immeubles avec ces critères, les choses fonctionnent très bien et il y a un potentiel de valorisation très important. Donc ça, c'est pour le marché des bureaux. Pour le marché résidentiel, la logique est relativement différente. La hausse des taux financiers a certes un impact, mais moins dans le fait : "je compare le rendement obligataire au rendement résidentiel immobilier." Par contre, on a l'effet augmentation du crédit immobilier, qui va probablement encore avoir des effets négatifs sur les prix sur 2023. On attend néanmoins potentiellement des consolidations de prix qui sont peut-être en légère baisse, mais ultra modérées, qui devraient rapidement s'estomper, et après, via la hausse du revenu des ménages lentement mais sûrement, au cours des prochaines années, le pouvoir d'achat immobilier va repartir et ce, malgré des taux de crédits plus élevés, ce qui devrait impacter à la hausse les prix. Donc finalement, le trou d'air pour le marché résidentiel devrait être relativement court, et reprise assez rapidement à partir de 2024-2025. Après, sur le sujet de la santé, les actifs de santé sont vraiment une très, très bonne alternative en termes d'investissement. Pourquoi ? Parce que ce sont des actifs en termes d'immobilier d'investissement moins traditionnels par rapport aux bureaux aux commerces, à la logistique, etc. Et donc finalement, ils ont connu moins de hausses des prix au cours du cycle précédent. Donc finalement, il y a beaucoup moins de corrections à attendre sur les temps à venir. Les prix d'ailleurs dans la santé ont potentiellement même progressé globalement sur 2022. On attend la même chose sur 2023 et, compte tenu de la demande très forte, structurelle, pour ce type d'actifs, on est ultra positifs pour la santé. .

GILBERT ROUX Diane Chemla, je me tourne vers vous maintenant et, nous allons parler solutions, puisque BNP Paribas REIM France vient de lancer la SC Pierre Impact. Alors déjà, dans un premier temps, est-ce que vous pouvez, Diane, nous présenter en quelques mots ce qu'est la SC Pierre Impact ?

Qu’est-ce que la la SC Pierre Impact ?

DIANE CHEMLA Oui, Gilbert, tout à fait. La SC Pierre Impact a été créée récemment avec de l'investissement immobilier résidentiel. Richard l'a dit, c'est une typologie d'actifs qui a le vent en poupe. Elle a un objectif et un couple rendement-risque de 4% annualisés sur les dix ans à venir. Et puis également, c'est la première UC immobilière résidentielle qui sera article 9 SFDR et labellisée Finansol.

GILBERT ROUX Alors pour aller plus loin dans le moteur, si j'ose dire, quelles sont les caractéristiques immobilières ?

DIANE CHAMLA Alors, c'est très simple, Gilbert. On investit uniquement dans du résidentiel. Ça peut être du résidentiel libre, intermédiaire, mais on peut également aller sur des résidences étudiantes, du co-living ou des résidences séniors. Et on s'est dit qu'on allait également compléter sur du résidentiel élargi, tel que des crèches, des écoles, voire même des casernes de pompiers.

GILBERT ROUX Une dernière question, Diane, qui sera d'ailleurs la conclusion de ce podcast. Quels sont donc les atouts majeurs de SC Pierre Impact pour justement motiver un investissement sur ce fonds ?

Quels sont les atouts majeurs de SC Pierre Impact ?

DIANE CHEMLA Alors, vous le savez, Gilbert, les SC ont connu un regain, un vrai engouement sur le marché immobilier ces derniers temps. C'est une SC qui vient en complément des allocations existantes, puisque souvent marquée par le bureau. On l'a dit également avec Richard, et elles suivent les grandes tendances : pénurie de logements notamment, mais également vieillissement de la population. Donc elle va accompagner globalement ces mouvements, donc beaucoup d'atouts pour cette SC Pierre Impact.

GILBERT ROUX Et rappelons-le, Diane, cette SC Pierre Impact est désormais disponible dans l'offre commerciale de Cardif.

DIANE CHEMLA Absolument, en contrat d'assurance vie.

GILBERT ROUX Merci à vous, Diane Chemla, et merci à vous également, Richard Malle, d'être venus au micro des #RDVExperts pour partager avec nous votre expertise en investissement immobilier. Merci.

DIANE CHEMLA Merci à vous.

RICHARD MALLE Merci beaucoup.

GILBERT ROUX À bientôt. Et merci à vous d'avoir suivi ce nouveau numéro des #RDVExpert. Alors si vous avez aimé ce podcast, partagez-le, commentez-le, et n'hésitez pas à nous faire par des sujets que vous aimeriez que nous abordions ensemble. Vous pouvez le réécouter sur les comptes Cardif YouTube LinkedIn et Twitter, et sur les plateformes Apple Podcast, Spotify et Ausha.

Citation
Aujourd'hui le marché locatif est vraiment au-dessus de nos attentes. Dans les cœurs de ville, dans les principales métropoles, dans les meilleures localisations, les taux de vacance sont très bas et la demande est très forte.
 

Diane Chemla

Intervenante

Diane Chemla débute sa carrière en 1990 comme conseiller en agence BNP PARIBAS. Elle intègre ensuite la Banque Privée puis exerce une fonction de responsable d’équipe de gestion conseillée chez Portzamparc à partir de 2000.
Elle rejoint les équipes de BNP Paribas Management en 2007 comme responsable commerciale en distribution externe, avant d’occuper le poste de développements des canaux externes France, Luxembourg et Suisse chez BNP Paribas Real Estae Investment Management en 2021.

 

Richard Malle

Intervenant

Richard Malle est en charge des pôles Research, Innovation et Data, regroupant une centaine de personnes dans toute l’Europe au service de l’ensemble des métiers de BNP Paribas Real Estate. Il est parallèlement Professeur des universités associé au Cnam et enseigne l’économie immobilière à l’ICH de Paris.

Retour La cybersécurité, l’affaire de tous

La cybersécurité, l’affaire de tous

#

La cybersécurité, l’affaire de tous

Awa Ndiaye et Cécile Poulley

02/07/26 - La cybersécurité, l’affaire de tous

Communication à caractère publicitaire

Gilbert Roux : Saviez-vous que les cyberattaques touchent toutes les structures ? En 2026, une PME française est touchée toutes les deux minutes et selon l'ANSSI (Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d'information) et son panorama 2025, 48 % des victimes de rançongiciels en France sont des PME ou des TPE. Autant dire que dans les métiers du courtage et de la gestion de patrimoine, où la donnée client est centrale, le sujet devient évidemment stratégique. Pour en parler, j'accueille Awa Ndiaye et Cécile Pouilley de BNP Paribas Cardif. Awa bonjour, merci d'être avec nous.

Awa Ndiaye : Bonjour Gilbert.

Gilbert Roux : Awa, vous travaillez au sein des équipes digitales dédiées aux activités de courtage chez BNP Paribas Cardif. Vous avez une forte proximité terrain auprès des CGP et des courtiers, et vous êtes également spécialisée dans la cybersécurité et ses enjeux dans les écosystèmes très interconnectés comme ceux du courtage. Et à vos côtés, Cécile Pouilley. Bonjour Cécile,

Cécile Pouilley : Bonjour Gilbert.

Gilbert Roux : Cécile, vous travaillez au sein des équipes sécurité de BNP Paribas Cardif et votre rôle est d'accompagner les équipes informatiques pour la sécurisation de leur écosystème le principal enjeu étant la protection, des données clients et des partenaires et d'évaluer tous les risques qui tournent autour de la cybersécurité. Commençons, si vous le voulez bien, par un état des lieux, ou plutôt un état de la menace, devrais-je dire. Quand on parle de cybersécurité aujourd'hui, est-ce qu'on parle encore des hackers très sophistiqués et très stéréotypés ? Et j'ajouterai, pourquoi les PME et les TPE sont-elles devenues des cibles privilégiées ?

Comment décrire l’état actuel de la menace en matière de cybersécurité ?

Awa Ndiaye : Beaucoup pensent que les cyberattaques ne concernent que les grandes entreprises. En réalité, les PME et les TPE sont un peu comme des maisons dans un quartier résidentiel et les cambrioleurs, finalement, ne vont pas attaquer forcément la villa la plus grande, la plus luxueuse. Ils vont plutôt passer par la maison dont la fenêtre est ouverte. Les cybercriminels visent particulièrement les PME TPE parce que c'est plus simple : elles ont beaucoup moins de protection, elles sont moins sensibilisées aux enjeux cyber, et souvent, la personne qui s'occupe de l'informatique en plus fait son métier, son activité principale, donc c'est très compliqué, et en plus, elle manipule des données très sensibles, notamment les données clients, des données financières, des données patrimoniales. Parallèlement à ça, aujourd'hui, les cyberattaquants massifient leurs attaques, ce qui fait qu'ils ne passent pas par une seule porte, mais tentent toutes les portes. Donc typiquement, au travers d'un mail piégé, d'une usurpation d'identité, d'une fraude bancaire. Cela devient de plus en plus compliqué, mais il ne faut surtout pas s'inquiéter, les bons réflexes permettent de réduire ce risque et de limiter les impacts liés à une cyberattaque pour ces entreprises.

Gilbert Roux : Très bien, Merci pour ce panorama de l'état de la menace. Cécile, vous êtes au cœur du dispositif sécurité. Comment, quand on est un grand groupe comme BNP Paribas, on se prépare face à ce niveau de menace qui on l'a vu est à la fois élevé et permanent ?

Comment se prépare BNP Paribas Cardif face à cette menace permanente ?

Cécile Pouilley : Alors déjà, tout simplement, on va devoir s'appuyer sur la réglementation, qu'elle soit française, européenne, mais également sur la réglementation financière. On va vraiment appliquer les règles à l'état de l'art, et en étant un grand groupe, on a la chance d'avoir des équipes cyber dédiées avec des pôles d'expertises. La cybersécurité, c'est assez vaste. Il y a des équipes très techniques et des équipes plutôt axées gouvernance et on va mettre en place des outils, des process au sein de l'entreprise pour se protéger au mieux, vérifier également que des attaquants n'essayent pas de rentrer chez nous et puis, en interne, qu’il n'y ait pas de fuites de données par exemple. On va mettre en place des mesures de protection et je pense que, plus c'est simple d'utilisation, plus ça rentre dans notre quotidien, plus c'est facile. Je vais vous donner un exemple avec l'authentification forte. On va avoir plusieurs facteurs d'authentification et cela va permettre en fait tout simplement une meilleure maîtrise de son système. Ce qu'il faut savoir également, c'est que la cyber, ce n'est pas quelque chose qui est dédié aux équipes techniques, c'est en fait l'affaire de tous au quotidien et donc la clé, c'est la sensibilisation de chacun. Par exemple, il y aura des campagnes de phishing (appelé également hameçonnage) : lorsqu'on est collaborateur et qu'on clique sur un mail, comme quand on reçoit, même dans le cadre perso, ces faux SMS ou emails avec ces fameux liens, une fois qu'on a cliqué dessus, je pense qu'on est plus vigilant. Le risque zéro n'existe pas, et en passant par les bons gestes, que ce soit dans la vie professionnelle ou personnelle, on peut améliorer cette cybersécurité.

Gilbert Roux : La double authentification ou l'authentification forte, c'est un sujet qui concerne beaucoup les partenaires CGP et courtiers. Awa, vous avez beaucoup échangé avec eux sur le terrain. Aujourd'hui, où en sont réellement les CGP et les courtiers sur ces sujets de cybersécurité ? Est-ce qu'ils sont très sensibles à cela ?

Où en sont les CGP et courtiers sur ces sujets de cybersécurité ?

Awa Ndiaye : Je pense qu'on est à un moment un peu charnière parce que dans le milieu financier, et plus particulièrement pour les CGP et les courtiers, il y a une prise de conscience de l'or qu'ils ont entre les mains : les données de leurs clients et la confiance qui va avec. Par rapport à ce moment clé, je pense qu'il y a un problème de maturité autour des sujets de cybersécurité, mais il y a une vraie conscience. Ce qu'on peut voir sur le terrain c'est qu'ils ne savent pas par où commencer. Plus globalement, on passe d'un sujet qui était purement vu comme un sujet technique, comme un sujet inaccessible et que pour les grandes entreprises, à un sujet qui devient un enjeu stratégique et qui peut avoir un impact non seulement sur la réputation de l'entreprise, mais aussi sur la cessation d'activité.

Gilbert Roux : Impossible de parler cybersécurité sans parler d'intelligence artificielle. Cécile, est-ce que l'IA qu'on utilise quasiment tous aujourd'hui est une opportunité supplémentaire ou est-ce que vous considérez l'IA comme un nouveau facteur à risque ?

L’IA, un nouveau facteur de risque ?

Cécile Pouilley : Il y a encore cinq ou six ans, l'IA, c'était quelque chose de totalement inaccessible, voire inconnu pour une grande partie de la population. Aujourd'hui, n'importe qui peut y avoir accès sur son téléphone ou son ordinateur. Donc je pense que c'est un véritable outil d’aide pour l'amélioration des performances, de la réactivité. En revanche, il faut garder en tête également que ça peut être un facteur de risque dans le sens où, maintenant, on fait attention aux mails qu'on envoie avec les données qu'on peut envoyer. On ne va pas envoyer un mail à n'importe qui avec ses données client ou des données sensibles par exemple. En revanche, avec l'IA, il y a encore cette notion de sensibilisation à prendre en compte et il faut garder en tête que plus on va anonymiser ses données dans l'IA, plus on va faire attention à ce qu'on y met, et plus ça va nous permettre en fait, de l'utiliser comme une aide et non pas comme un facteur de risque.

Gilbert Roux : Awa, je voudrais qu'on revienne sur l'accompagnement des partenaires, parce que c'est un point important chez BNP Paribas Cardif. Vous travaillez justement à une initiative pour accompagner en matière de cybersécurité les partenaires CGP et courtiers. Alors, en quelques mots, en quoi ça consiste ?

Vous travaillez sur un accompagnement cybersécurité dédié à nos partenaires CGP et courtiers ?

Awa Ndiaye : L'initiative qui a été lancée, c'est vraiment dans le but de mettre à disposition des CGP et des courtiers des éléments autour de la cybersécurité qui soient lisibles, qui soient compréhensibles et qui puissent leur servir directement au quotidien. Donc cette offre, elle se base sur trois grands piliers. Le premier pilier concerne tout ce qui va tourner autour de la connaissance de la menace, donc de la sensibilisation. Le deuxième pilier, c'est savoir où on en est en termes de cybersécurité, donc des audits, des diagnostics, qui permettent de faire un état des lieux de sa sécurité, de son entreprise. Et le troisième pilier, c'est quel outil je dois mettre, quel processus je dois mettre pour pouvoir me protéger. Donc ce catalogue de services, on va le mettre à disposition au travers du portail qui est dédié aux conseillers en gestion de patrimoine et courtiers chez Cardif. Ce catalogue regroupera différents types de produits, de l'outillage, de la sensibilisation et de l'accompagnement.

Gilbert Roux : Il est clair que votre objectif n'est pas de faire des partenaires CGP et courtiers des experts en cybersécurité, mais au contraire de leur donner les bons outils.

Awa Ndiaye : Exactement. L'objectif, c'est vraiment de donner les bons outils, et aujourd'hui, c'est un élément stratégique de garantir à ses clients, à ses partenaires, que leurs données, on en prend soin, elles sont sécurisées et tous les échanges sont sécurisés. C'est vraiment un point clé de confiance, de gestion du risque pour éviter tout arrêt d'activité.

Quand on subit une cyberattaque, il faut avoir un plan. Et la problématique, souvent, c'est que la plupart des entreprises qui ne sont pas habituées à ces sujets-là n'ont pas de plan et ne savent pas, finalement, les étapes à suivre pour pouvoir atténuer le risque, accompagner l'entreprise dans cette situation de crise. Donc, ça fait partie des sujets de sensibilisation qu'il faut mener et avoir un plan en cas d'attaque. En cas d'incendie, il faut avoir un plan. C'est exactement la même chose en cas de cyberattaque.

Gilbert Roux : Alors, nous arrivons au terme de ce podcast. Mais avant de conclure, j'aimerais que vous preniez chacune la parole en quelques mots. Si vous aviez un message simple à adresser à nos partenaires qui nous écoutent, qu'est-ce que vous leur diriez ? On commence avec vous, Cécile.

Un mot de conclusion ?

Cécile Pouilley : J'ai envie de dire encore une fois que la cybersécurité, c'est vraiment l'affaire de tous et que ce n'est pas parce qu'ils sont petits qu'ils ne peuvent pas être ciblés.

Gilbert Roux : Awa ?

Awa Ndiaye : Les bons réflexes, les bonnes pratiques peuvent énormément changer les choses en cas de cyberattaque.

Gilbert Roux : Merci beaucoup à toutes les deux pour cet échange qui a été extrêmement éclairant. Alors moi je retiens surtout que la cybersécurité, ce n’est pas uniquement un sujet technique, c'est surtout un enjeu de confiance, d'organisation, d'accompagnement. On va dire un réflexe quotidien. Et pour le mot de la fin, j'aimerais citer une phrase que j'ai déjà entendue plusieurs fois en préparant ce genre d'émission, c'est : en matière de cybersécurité, la bonne question à se poser, ce n'est pas si vous subirez une cyberattaque un jour, mais quand cela arrivera.

Gilbert Roux : Merci beaucoup à Awa Ndiaye, merci Cécile Pouilley et je vous dis à bientôt, merci.

Cécile Pouilley : À bientôt. Merci.

Citation
Nous mettons à disposition des partenaires CGP et courtiers un catalogue de services dédié à la cybersécurité. Ce catalogue, disponible via Finagora, regroupe différents types de produits, de l'outillage, de la sensibilisation et de l'accompagnement” . Awa Ndiaye