L’histoire de Cardif : dans le regard de Pierre de Villeneuve

#

L’histoire de Cardif : dans le regard de Pierre de Villeneuve

Pierre de Villeneuve

15/09/19 - L’histoire de Cardif : dans le regard de Pierre de Villeneuve

Interviewer : Bienvenue dans les #RDVExperts, le podcast destiné aux conseillers en gestion de patrimoine et courtiers, partenaires de Cardif. C'est l'histoire d'une aventure humaine passionnante. C'est un état d'esprit, c'est une entreprise qui entreprend et qui innove sans cesse depuis sa création. C'est l'histoire de BNP Paribas Cardif et plus particulièrement aujourd'hui, l'histoire de la naissance de son activité dédiée aux CGP et courtiers. Notre invité aujourd'hui est incontestablement le mieux placé pour nous raconter cette histoire, puisqu'il était là à la création de Cardif. Il est aujourd'hui le Président d’honneur de BNP Paribas Cardif. Il s'agit de Pierre de Villeneuve. Bonjour, merci d'avoir accepté notre invitation.

Pierre de Villeneuve : C'est toujours un plaisir de parler de Cardif.

Interviewer : Pierre de Villeneuve, vous avez déclaré un jour : « L'histoire de Cardif, c'est aussi l'histoire de nos clients, des clients de nos partenaires, qui nous pousse à nous dépasser pour répondre toujours mieux à leurs attentes. C'est aussi une écoute, des produits, un accompagnement et cela de manière plus engagée. » On pourrait croire que cette phrase date d’hier, voire d'aujourd'hui, mais en fait c'est une phrase que vous avez prononcée il y a plusieurs années. Est-ce là, l'ADN de Cardif ?

Quel est l'ADN de Cardif ?

Pierre de Villeneuve : Ce qui me fait très plaisir, c’est que vous commenciez notre échange en parlant des clients, puisque nous avons toujours mis les clients au centre de nos préoccupations, et en permanence nous essayons d'écouter, de rechercher tout ce que nous pouvons faire pour mieux servir nos clients, bien répondre à leurs attentes, tant en matière de produits, qu’en matière de service, ou toutes les modalités liées à la souscription, liées aux opérations après-vente ou demandes de règlement suite aux sinistres ou de rachat.

Interviewer : Si on revient quelques instants sur ce qui s'est passé, c'est important de connaître cette histoire. À la création de Cardif, quelles ont été les raisons et les motivations qui vous ont poussé à lancer cette aventure un peu hors norme ?

La création de Cardif

Pierre de Villeneuve : En 1973, la création de Cardif était basée sur le constat que la pénétration de l'assurance vie n'était pas à la hauteur des enjeux, tant pour répondre aux besoins des Français, que pour les besoins de l'économie. Malheureusement, nous n'avions pas de réseau de distribution, d’où l'idée de passer des accords de partenariat avec des professions qui avaient un véritable intérêt de mettre dans leurs gammes des produits d'assurance. Mais qui dit « partenariat » dit « un niveau d'exigence particulièrement élevé », et cette exigence a été un véritable avantage par la suite, car c'est grâce à cette expertise sur tous les maillons de la chaîne, que ce soit aussi bien en actuariat, en gestion financière, animation commerciale etc. Nous avons pu développer Cardif hors de France, et grâce à cela nous avons acquis une expérience complémentaire que nous pouvions utiliser dans chaque marché domestique. Nous sommes le deuxième assureur français par le chiffre d'affaires réalisé hors de France.

Interviewer : Est-ce qu'on peut vous qualifier de pionniers, de défricheurs en 1973 ?

Pierre de Villeneuve : Nous n’étions pas les seuls à démarrer dans la bancassurance, mais nous avons été pionniers dans la simplification de nos produits, dans cette recherche très forte de mieux satisfaire nos clients plutôt que de répliquer ou de copier les pratiques existantes.

Interviewer : besoin d'avoir des intermédiaires, des partenaires et cette exigence de qualité à laquelle vous faisiez référence. Comment justement a été conçu ce modèle très innovant pour l'époque, avec des partenaires CGP-Courtiers aujourd'hui ?

Un modèle partenarial unique avec les CGP et les courtiers

Pierre de Villeneuve : Quand est apparue cette nouvelle profession, il nous a paru évident qu'elle était tout à fait complémentaire par rapport à notre savoir. Nous n'avons pas hésité à essayer d'accompagner ces vrais professionnels. Pour cela, nous nous sommes organisés en créant des bureaux dans les principales villes françaises, seul moyen d'être à proximité de ces professionnels et faire en sorte qu'ils puissent bien réaliser leurs objectifs, à savoir une qualité de service hors normes.

Interviewer : Au départ vous n'aviez pas de réseau. Est-ce que cette faiblesse est finalement devenue la force de Cardif ?

Le réseau Cardif

Pierre de Villeneuve : Oui vous avez tout à fait raison. C'était un handicap majeur à l'origine. Et compte-tenu de l'exigence d'expertise que j'ai évoquée et la diversité des accords de partenariat que nous avons pu réaliser, c'est devenu un véritable atout, puisque nous sommes devenus l'assureur mondial spécialisé dans le multi partenariat.

Interviewer : Alors quelles ont été pour vous les grandes étapes de la construction de ce réseau depuis ces décennies maintenant ? Quelles ont été les étapes qui ont marqué l'histoire du réseau ?

Pierre de Villeneuve : En ce qui nous concerne, toutes les adaptations, les innovations, nous l'avons toujours fait en partenariat avec les courtiers et les CGP. C'est le seul moyen de bien répondre aux besoins et aux attentes de leurs clients. Je pourrais citer des exemples. Lors du démarrage de la profession de CGP, il a fallu créer une gamme d'OPCVM, Cardival, Reval, Orbival, toute une gamme bien connue à l'époque, pour pouvoir développer le contrat multisupport, un bon moyen pour les CGP de valoriser leur expertise. Très vite après, nous avons ouvert à des sociétés de gestion, ce qui est devenu la norme de marché depuis.

Interviewer : Vous avez l'habitude de dire que lorsqu'on crée un produit, il doit être simple, il doit être bien compris à la fois des CGP, mais également de leurs clients. Est-ce là, la clé de la réussite ?

Pierre de Villeneuve : Oui, parce qu'il faut que les produits soient bien compris si l'on veut qu'ils fidélisent les clients et que ces clients aient toujours confiance en leur conseiller. Donc il n'y a pas de secret, il faut des produits les plus simples possible, en fonction de la réglementation, et il faut qu'ils aient la capacité à souscrire, à faire appel à leurs contrats de manière également très simple.

Interviewer : Maintenant, on va rentrer dans l'ère actuelle, qui est une ère technologique, où clients comme courtiers ou CGP ont des besoins différents, des attentes différentes et on constate qu'il y a un net changement dans les usages de la clientèle. Comment selon vous, Cardif a appréhendé cette nouvelle donne et comment on entre dans l'ère plus technologique aujourd'hui dans le réseau Cardif ?

La technologie et l’innovation au service de l’humain

Pierre de Villeneuve : Je crois que l'adaptation des offres se fait par la digitalisation de nos process, et c'est ainsi qu'au niveau de Cardif, nous avons beaucoup investi. Nous continuons à investir, pour faire profiter les courtiers et les CGP des nouvelles fonctionnalités qu'apporte le numérique.

Interviewer : C'est une étape naturelle selon vous, ou c'est une conséquence de tout ce qui s'est passé depuis ces dernières années, notamment avec une réglementation de plus en plus contraignante et présente ?

Pierre de Villeneuve : En termes d'état d'esprit, c'est le prolongement de ce que nous avons toujours fait mais avec un degré qui n'a plus rien à voir, puisque c'est un changement très important par rapport à tout ce qu'on a connu dans le passé, nous ne pouvons pas passer à côté de cette évolution. Les nouvelles technologies, c'est le moyen d'apporter une plus grande fiabilisation dans les données, c'est le moyen d'ajouter de l'instantanéité, une plus grande réactivité aux questions et aux préoccupations des clients.

Interviewer : Alors justement, votre regard est important puisque vous avez connu toute la période où la technologie n'entrait pas de manière aussi prégnante dans le quotidien des partenaires, ni même dans le quotidien de Cardif. Et pourtant les choses évoluent vite. Quelle est votre perception de cette situation aujourd'hui ?

Pierre de Villeneuve : Au niveau des services, bien entendu cela va évoluer. Cela va apporter des fonctionnalités absolument indispensables qui vont permettre aux CGP-Courtiers d'avoir encore une meilleure qualité de service par rapport à leurs clients. Mais en termes de proximité, puisque pour nous c'est une vraie préoccupation, cet atout que représente la digitalisation de nos process ne doit en rien modifier les relations humaines qui doivent rester tout à fait franches, constructives entre nous et les courtiers et CGP.

Interviewer : Cela m'amène à la question suivante. Cardif a toujours été et demeure probablement un interlocuteur privilégié du réseau CGP-Courtiers. Comment analysez-vous cette situation ?

Une relation historique

Pierre de Villeneuve : Nous avons toujours été proches des CGP et nous comptons bien le rester. C'est pour ça que nous investissons dans les nouveaux outils, de manière à rester toujours aussi proches, en utilisant bien entendu tous les atouts qu'apporte le numérique, et tout en conservant des liens relationnels très étroits avec chaque courtier et chaque CGP.

Interviewer : Quel regard portez-vous aujourd'hui sur le métier du courtier, du CGP que vous avez vu démarrer ? On sait notamment lorsqu'on analyse les résultats du baromètre des CGPI que propose Cardif tous les ans, que finalement le moral des CGP est plutôt bon, il se porte très bien en général. Ils ont quelques inquiétudes, quelques attentes ; vous qui les avez vu grandir en quelque sorte, quel regard portez-vous sur eux aujourd'hui en 2019 ?

Pierre de Villeneuve : Je suis content qu’ils voient l'avenir avec beaucoup d'optimisme parce que c'est également ma perception. Je suis très optimiste pour toute profession à forte valeur ajoutée et à utilité incontestable. C'est le cas des CGP qui apportent de l'expertise et qui apportent de la confiance dans des domaines aussi sensibles que sont la protection des individus, la protection des objets ou la gestion d'un capital, avec le dilemme performance et protection du capital.

Interviewer : En conclusion Pierre de Villeneuve, quel regard portez-vous sur le Cardif d'aujourd'hui et le Cardif de demain surtout ? Est-ce que vous y voyez un bel avenir, comme l'a été ce passé que nous venons d'évoquer pendant ce podcast ?

L’assureur partenaire des CGP et courtiers

Pierre de Villeneuve : Je suis très optimiste, car grâce à toute la transformation qui est en cours, à l'international, comme en France, je suis très confiant sur notre capacité à continuer à nous développer et à rester l'assureur partenaire en qui tout le monde peut avoir confiance.

Interviewer : Merci Pierre de Villeneuve. Merci d'avoir écouté « Les #RDVExperts », si vous avez aimé l'émission, n'hésitez pas à la partager avec votre réseau, à donner des étoiles. N'hésitez pas non plus à nous faire part de vos remarques, de vos questions, mais aussi des sujets que vous aimeriez aborder. Vous pouvez nous retrouver sur LinkedIn et Twitter sur les comptes Cardif France.

Citation
L'histoire de Cardif, c'est aussi l'histoire de nos clients, des clients de nos partenaires, qui nous pousse à nous dépasser pour répondre toujours mieux à leurs attentes ; c’est aussi une écoute, des produits, un accompagnement et cela de manière plus engagée. Pierre de Villeneuve
 

Pierre de Villeneuve

Intervenant

Aujourd’hui Président d’honneur de BNP Paribas Cardif, Pierre de Villeneuve a participé à son développement dès sa création en 1973, en occupant notamment les postes de directeur général (1992-2005) de Cardif Assurance Vie et de Cardif Assurances Risques Divers (2005) ou encore de Président directeur général de BNP Paribas Cardif (2013 – 2015). Actuaire, diplômé de l’Institut de Science Financière et d’Assurances (ISFA) de Lyon, Il est depuis 2018 Président du Haut Conseil de l’Institut des actuaires. De 2015 à 2019, il est Président du Groupement Français des Bancassureurs. De 2016 à 2019 il est Vice-Président de la Fédération Française de l’Assurance (FFA). Depuis mai 2019, Pierre de Villeneuve est Président du Fonds stratégique de participations (FSP).

Retour Clauses bénéficiaires et protection du conjoint

Clauses bénéficiaires et protection du conjoint

#

Clauses bénéficiaires et protection du conjoint

Nicolas Grégori

07/05/26 - Clauses bénéficiaires et protection du conjoint

Gilbert Roux : Comment désigner ce qui relève de la simple désignation bénéficiaire et ce qui relève d'une vraie stratégie de protection du conjoint ? C'est le thème de ce numéro des #RDVExperts : les clauses bénéficiaires, véritable levier de protection patrimoniale pour les couples et pour sécuriser le conjoint survivant. Pour nous en parler, j'ai le plaisir de recevoir Nicolas Grégori, juriste patrimonial BNP Paribas Cardif. Bonjour et bienvenue au micro de ce podcast, Nicolas.

Nicolas Grégori : Bonjour Gilbert.

Gilbert Roux : Alors Nicolas, dans l'assurance vie, le choix et la rédaction de la clause bénéficiaire conditionne, non seulement qui recevra le capital au décès, mais aussi comment cette protection peut être structurée juridiquement pour maximiser sécurité et clarté pour le conjoint.

En assurance vie, le choix et la rédaction de la clause bénéficiaire sont déterminants.

Nicolas Grégori : Effectivement, en premier lieu, il faut vraiment retenir une chose : la rédaction de la clause bénéficiaire, c'est le point central en assurance vie qui va nous permettre d'organiser la transmission des capitaux au décès. On pense très souvent et trop souvent même, au contrat d'assurance vie comme un outil de rendement et d'optimisation fiscale, ce qui est vrai, ça fait partie du contrat d'assurance vie, mais il faut aussi vraiment insister sur ses qualités en matière de transmission patrimoniale. Et pour le sujet qui nous intéresse aujourd'hui, la rédaction de la clause va effectivement nous permettre, via différentes solutions que l'on va détailler, d'optimiser la protection du conjoint survivant.

Gilbert Roux : Est-ce que c'est une erreur de penser que la clause, qu'on appelle clause standard, est suffisante pour protéger son conjoint ?

La clause « standard » est-elle suffisante pour protéger son conjoint ?

Nicolas Grégori : Dans la plupart des contrats d'assurance vie, on voit une clause dite « standard ». C'est une clause qui est assez facile à comprendre, elle n'utilise pas de termes techniques. On y désigne le conjoint, puis les enfants, leurs descendants et enfin les héritiers. Et c'est vrai que cette clause va répondre à la grande majorité des demandes et permet déjà de protéger très efficacement le conjoint survivant, puisqu'elle va viser à lui attribuer l'intégralité du capital, s'il en accepte le bénéfice, en exonération de droits. Le conjoint peut également renoncer au bénéfice du contrat et, avec cette clause standard, ce sont alors généralement les enfants qui vont être bénéficiaires des capitaux décès. Mais il y a un inconvénient majeur, sinon ce serait trop simple, concernant les capitaux transmis au conjoint via cette clause standard. Une fois que le conjoint a reçu le capital, cette somme d'argent va entrer définitivement dans son patrimoine et s'il ne consomme pas tout de son vivant, ces mêmes capitaux vont se retrouver dans son actif successoral et être taxés lors de son propre décès au profit de ses héritiers. Et cette fois-ci, on ne sera plus dans le cadre fiscal de l'assurance vie mais dans celui de la succession. Donc on protège très bien le conjoint, mais on n'optimise pas la transmission vers la génération suivante. Et surtout on n'apporte aucune nuance selon le besoin réel du conjoint au moment du décès. Soit il perçoit l'intégralité des capitaux, soit il n'en perçoit aucun en renonçant au bénéfice du contrat.

Gilbert Roux : Donc, si je comprends bien ce que vous venez de nous dire, Nicolas, dans cette clause standard, il y a d'une certaine manière un dilemme entre la protection immédiate du conjoint et l'optimisation de ce qu'on va appeler la transmission aux héritiers.

Avec la clause standard, il y a un dilemme entre protection du conjoint et optimisation de la transmission aux héritiers ?

Nicolas Grégori : Tout à fait. C'est une des raisons qui va nous pousser à rechercher une meilleure optimisation dans la rédaction de la clause bénéficiaire. On va viser toujours à protéger le conjoint, c'est le sujet qui nous intéresse, mais on va également vouloir anticiper la transmission aux enfants et dans certains cas, en apportant plus de subtilités quant à la part qui sera perçue par le conjoint dans les capitaux décès.

Gilbert Roux : Très bien. Je vous propose maintenant, Nicolas, d'aborder les autres solutions que l'on peut retenir.

Quelles sont les autres solutions à retenir ?

Nicolas Grégori : Il y a une stratégie qui est plus sophistiquée et qui revient très régulièrement, c'est celle de la clause bénéficiaire dite démembrée. Le démembrement, c'est un outil qui est particulièrement efficace. Il va nous permettre justement de concilier ces deux objectifs : on va protéger le conjoint d'une part, et préparer, anticiper la transmission aux enfants. Comment ça marche ? Eh bien au lieu de donner tout le capital, comme on l'a vu avec une clause standard, à une seule personne en pleine propriété, on va diviser ce droit de propriété en deux parties. D'un côté, on va avoir le conjoint qui sera bénéficiaire pour ce qu'on appelle l'usufruit. De l'autre côté, on aura les enfants qui seront désignés pour la nue-propriété. Je ne vais pas rentrer dans le détail du démembrement faute de temps, mais il faut apporter une subtilité : lorsqu'on parle de démembrement et que l'on veut protéger le conjoint survivant, on va se concentrer sur ce qu'on appelle un quasi-usufruit. En pratique, avec une clause démembrée prévoyant ce quasi-usufruit, le conjoint va recevoir l'intégralité du capital. Finalement, comme dans une clause standard, il va pouvoir l'utiliser comme il le souhaite.

Gilbert Roux : Alors, vous avez évoqué la transmission aux enfants. Est-ce que vous pouvez nous préciser un petit peu comment cela se passe ?

Comment se passe la transmission aux enfants ?

Nicolas Grégori : Ils disposent, en tant que nus-propriétaires de ce que l'on appelle une créance de restitution. Cette créance est finalement un droit donné au nu-propriétaire, qui va leur permettre de venir récupérer le montant en question auprès de la succession de l'usufruitier, sous réserve, c'est un point important, d'un actif successoral suffisant. Alors en parlant d'actif successoral suffisant, il faut préciser une chose lorsque l'on parle d'un quasi-usufruit : il y a un risque ici de dilapidation du capital par le quasi-usufruitier. On l'a dit, ce dernier reçoit l'intégralité des sommes. S'il consomme tout le capital et ne laisse pas à son décès un actif successoral suffisant, les nus-propriétaires peuvent perdre tout ou partie de leur créance. Donc on protège vraiment le conjoint, c'est l'objectif aujourd'hui, mais c'est un peu moins vrai pour les enfants. C'est la raison pour laquelle, souvent, les clauses démembrées vont prévoir des possibilités de mettre en place, par exemple, une caution au profit des nus-propriétaires. Il y a également une possibilité de rédiger une convention de quasi-usufruit. Souvent, ça se fait devant notaire et donc on va encadrer globalement le fonctionnement de ce quasi-usufruit. On va un petit peu limiter les risques de cette manière-là. C'est finalement une stratégie gagnant-gagnant. Le conjoint est protégé sa vie durant et les enfants bénéficient, en principe, on l'a vu, d'une créance leur permettant de récupérer le capital à terme sans subir de double taxation.

Gilbert Roux : Alors est-ce que, Nicolas, il faut en déduire que la clause bénéficiaire démembrée avec le quasi-usufruit serait la meilleure solution à mettre en place pour protéger le conjoint survivant via une clause bénéficiaire ?

La clause bénéficiaire démembrée avec quasi-usufruit est-elle la meilleure solution pour la protection du conjoint ?

Nicolas Grégori : Pas forcément. Sans entrer trop dans le détail des différents schémas, cette clause bénéficiaire démembrée peut perdre de son intérêt, d'une part en fonction des sommes transmises par le jeu des abattements, également de la situation familiale, avec une famille recomposée, la créance de restitution peut poser problème et également des besoins du conjoint survivant. Dans les deux schémas dont on a déjà parlé, à savoir la clause standard ou la clause démembrée avec quasi-usufruit, on part de l'idée, dans ces exemples, que le conjoint survivant a besoin de l'intégralité des capitaux à transmettre. Ce n'est pas forcément le cas. On peut apporter plus de souplesse au conjoint survivant, via notamment ce qu'on va appeler une clause à options. Alors attention, warning là-dessus, la clause à options doit vraiment être rédigée de façon très claire et précise pour éviter tout risque juridique et fiscal. Elle doit être encadrée, j'insiste vraiment sur ce point, par la volonté du souscripteur. Ce que ça veut dire, c'est que finalement, le bénéficiaire ne pourra jamais choisir par lui-même les options énumérées dans la clause, c'est vraiment énuméré par le souscripteur dans la clause.

Gilbert Roux : Ça, c'est pour le cas, c'est pour l'encadrement, on va dire. En termes pratiques, comment fait-on ?

En pratique, comment ça marche ?

Nicolas Grégori : En pratique, via une clause à options, le conjoint pourra accepter le bénéfice du contrat via différentes options. Ce sont toujours un petit peu les mêmes : 100 %, 75 %, 50 % ou 25 % du capital et le solde, dans un schéma familial classique, reviendra aux enfants. Cette clause va également parfois permettre au conjoint de choisir entre de la pleine propriété ou du démembrement. L'idée ici va être de conférer au conjoint, sur les capitaux décès, les mêmes droits dont il dispose en vertu d'une donation au dernier vivant. À noter, bien sûr, que sur demande de nos partenaires, nous pouvons leur transmettre ces modèles de clauses dites « à options ».

Gilbert Roux : Très important, effectivement, on peut vous contacter pour cela. Nous arrivons au terme de ce podcast, Nicolas. Est-ce qu'il y a un point sur lequel vous souhaitez insister avant de nous séparer ?

Un mot de conclusion ?

Nicolas Grégori : Pour conclure, sur le point central, on le répète systématiquement dans ce type de format, il faut absolument, lorsque l'on veut rédiger une clause bénéficiaire ou modifier la clause bénéficiaire d'un contrat en cours, consulter son conseiller. C'est d'autant plus indispensable lorsque l'on parle, comme aujourd'hui, d'optimisation en termes de transmission et donc de clauses bénéficiaires qui peuvent être relativement complexes à rédiger, donc vraiment nécessitent l'accompagnement d'un professionnel. On parle bien sûr du conseiller, il ne faut pas non plus hésiter à échanger avec le notaire, notamment sur un sujet comme celui de la protection du conjoint. Le notaire, lui, a une vision globale sur le patrimoine de ses clients et peut inclure la rédaction de la clause dans une stratégie plus large. Globalement, je l'ai déjà dit pour la clause à options, mais il faut retenir que Cardif propose des trames de clauses bénéficiaires qui couvrent notamment les différents cas dont on a parlé aujourd'hui, les clauses démembrées, les clauses à options, etc. Et globalement, en cas de doute, nous avons l'expertise chez Cardif pour accompagner les partenaires et nos clients dans la rédaction de clauses complexes.

Gilbert Roux : Très bien. Eh bien ce sera donc là-dessus que nous allons clore ce numéro des #RDVExperts consacré aux clauses bénéficiaires et à la protection du conjoint. Merci Nicolas d'être venu jusqu'à nous. Et à très bientôt, merci.

Citation
On pense très souvent au contrat d'assurance vie comme un outil de rendement et d'optimisation fiscale, ce qui est vrai, mais il faut aussi vraiment insister sur ses qualités en matière de transmission patrimoniale. Nicolas Grégori