Cession d’entreprise : la garantie d’actif et de passif

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Cession d’entreprise : la garantie d’actif et de passif

Amélie Huslaing

21/07/22 - Cession d’entreprise : la garantie d’actif et de passif

GILBERT ROUX Je vous propose de regarder du côté de l'entreprise aujourd'hui dans les #RDVExperts et plus précisément de la cession d'entreprise. Nous allons en effet parler de la Garantie d'Actif et de Passif (GAP) et c'est Amélie Huslaing, ingénieure patrimoniale chez BNP Paribas Cardif, pour qui d'ailleurs la cession d'entreprise et la GAP n'ont plus de secrets, que j'ai le plaisir de recevoir au micro de ce podcast. Bonjour, Amélie.

AMELIE HUSLAING Bonjour, Gilbert.

GILBERT ROUX Alors, Amélie, entrons tout de suite, si vous le voulez bien, dans le vif du sujet. C'est quoi une garantie d'actif et de passif et surtout quel est son intérêt ?

Qu’est-ce qu’une garantie d'actif et de passif ?

AMELIE HUSLAING La garantie d'actif et de passif est une clause du contrat de vente en vertu de laquelle le vendeur va s'engager auprès de l'acquéreur à prendre en charge toute augmentation du passif social ou toute diminution de l'actif qui trouverait son origine antérieurement à la cession. Mais il peut aussi s'agir d'un contrat distinct du contrat de cession, avec lequel il va former un tout indivisible. Cette garantie d'actif et de passif, c'est réellement une condition essentielle de la vente sans laquelle celle-ci n'aurait lieu. Et l'intérêt pour l'acquéreur, c'est tout simplement de venir pallier à l'efficacité très limitée des garanties légales en matière de cession d'entreprise.

GILBERT ROUX On le voit au regard des enquêtes, et notamment du baromètre des CGP que nous réalisons chaque année, la cession d'entreprise, c'est une voie de développement de business pour certains de nos partenaires CGP et courtiers qui sont à l'écoute. Alors comment le service ingénierie patrimoniale de Cardif que vous représentez les accompagne dans la mise en place de cette garantie ?

Quelles modalités pour la mise en place de cette garantie ?

AMELIE HUSLAING La garantie d'actif et de passif va prévoir les modalités de mise en œuvre de la garantie qui est consentie à l'acquéreur. On va notamment retrouver au sein de celle-ci sa durée, mais aussi son montant, d'ailleurs qui est très souvent dégressif dans le temps. Mais surtout, elle va comporter une contre-garantie financière, c'est-à-dire une garantie de la garantie qui va permettre à l'acquéreur de se prémunir contre un risque de non-paiement de la part du cédant. Et c'est sur ce point que Cardif va pouvoir aider ses partenaires en proposant une solution alternative à la très traditionnelle garantie bancaire qui est le plus souvent mise en place, et cette solution, c'est la mise en place d'une délégation de créances.

GILBERT ROUX Alors justement, arrêtons-nous quelques instants sur la garantie bancaire classique. Est-ce qu'il y a une différence entre la délégation de créance et la garantie bancaire ?

Y-a-t-il une différence entre la délégation de créance et la garantie bancaire ?

AMELIE HUSLAING Tout à fait. Avec la garantie bancaire, le schéma est plus complexe, plus lourd, tant au plan opérationnel qu'au plan financier. L'opération concrètement va se dérouler en deux temps comme vous pouvez le voir sur le slide. Dans un premier temps, l'acquéreur demande bien évidemment la garantie au cédant qui va alors se tourner vers la banque pour qu'elle consente la garantie de la garantie à l'acquéreur et ce, en tant que caution ou garante. Mais également à son tour, dans un deuxième temps, elle va aussi chercher à se prémunir contre un risque de non-paiement de la part du cédant, et pour ce faire, elle va prendre une garantie sur ses biens personnels, le plus souvent en mettant en place soit un nantissement soit une délégation de créance qui va porter sur le contrat d'assurance vie ou contrat de capitalisation qui est souscrit par le cédant. Donc au final, on voit bien que le socle de cette garantie reste l'enveloppe de capitalisation qui est souscrite par le cédant. Donc on est vraiment ici, comme vous le voyez, sur un schéma qui est vraiment complexe, lourd dans sa mise en œuvre, mais aussi au plan financier puisque celle-ci va avoir un coût de l'ordre de 0,5 à 1% par an. Donc c'est quelque chose qui n'est clairement pas neutre pour le cédant et Cardif va proposer une solution alternative, qui est particulièrement intéressante, parce que beaucoup plus simple, tout aussi efficace au plan juridique puisqu'elle va apporter les mêmes garanties qu'une garantie bancaire, mais surtout, elle va présenter l'avantage d'être totalement gratuite. Cette solution, comme je vous le disais, c'est la délégation de créances qu'on pourra appliquer sur les personnes physiques ou aussi sur les personnes morales à l'IS, mais sous certaines conditions pour celles-ci. Alors, concrètement, les choses sont très simples. Je vais avoir mon cédant qui va souscrire son contrat d'assurance vie ou contrat de capitalisation. Il va déléguer le droit de rachat au profit de l'acquéreur. Ainsi, en cas de réalisation d'un risque, eh bien, la garantie d'actif et de passif va être activée, celui-ci enverra directement sa demande de rachat auprès de Cardif qui lui versera les sommes selon les conditions qui sont prévues dans l'acte de délégation. Alors, comme je vous le disais, on est vraiment sur une procédure allégée puisque, comme vous pouvez le voir sur ce slide, c'est la mise en place d'un acte tripartite dans lequel je vais retrouver l'acquéreur en tant que délégataire qui demande la garantie, mais aussi le cédant, souscripteur délégant qui délègue le droit de rachat, et Cardif en tant que délégué qui va verser les sommes entre les mains de l'acquéreur délégataire en cas d'activation de cette garantie. Donc c'est aussi un acte qui est réellement cousu sur mesure pour le monde spécifique de la cession d'entreprise et qui prévoit notamment la renonciation au contrat, mais aussi la problématique liée au décès du chef d'entreprise pendant la période de garantie. C'est un acte, vraiment, qu'on a voulu très, très opérationnel et qui permet de tout bien prévoir en amont de manière à ce qu'il n'y ait pas de discussion pendant cette période de garantie.

GILBERT ROUX Je suis partenaire de Cardif, je souhaite mettre en place une délégation de créances pour la cession d'entreprise. Comment maintenant, on va dire, pratiquement, je dois m'y prendre pour faire appel à vous ?

Comment mettre en place une délégation de créances pour une cession d'entreprise ?

AMELIE HUSLAING Alors, la mise en place est vraiment très, très simple. Nous communiquons à nos partenaires un process qui est vraiment bien détaillé et qui va se décomposer tout simplement en deux phases avec bien évidemment, l'essentiel des opérations réalisées en amont de la cession. Concrètement, nous demandons à notre partenaire de nous communiquer le protocole de cession ainsi que le contrat de garantie si c'est un document annexe, comme je vous le disais, afin que nous puissions vérifier que la délégation est bien prévue comme contre-garantie financière de la cession. Si ce n'est pas le cas, il faut alors faire modifier les actes par les parties et leurs avocats, c'est quelque chose qui se pratique tout à fait et une fois ces actes modifiés, nous communiquons notre acte de délégation. Alors s'agissant de ces actes de délégation nous disposons de deux types d'actes. Tout d'abord, un acte avec inopposabilité des exceptions, c'est-à-dire équivalent à une garantie à première demande qui est l'acte le plus utilisé en matière de cession d'entreprise, ou un acte avec un principe d'opposabilité des exceptions, c'est-à-dire équivalent à une caution ou un nantissement. Une fois que nous avons communiqué cet acte aux parties et qu'elles l'ont rempli à ce moment-là, elles nous le communiquent également n retour afin que nous puissions le relire, vérifier la concordance des éléments. Une fois notre accord donné, tout le monde signe : les parties, puis Cardif, et vient ensuite cette deuxième phase, le jour de la cession : nous remettons l'acte de délégation signé par Cardif en échange tout simplement de la copie des actes de cession et contrat de garantie signés par les parties, et bien évidemment, du montant de la garantie.

GILBERT ROUX Alors, Amélie, est-ce qu'au final, les deux parties trouvent leur intérêt avec cette délégation ?

AMELIE HUSLAING Tout fait, chacun va trouver un avantage à la mise en place de cette délégation : l'acquéreur, le vendeur, mais aussi le partenaire. L'acquéreur, pour lui, c'est tout simplement une garantie en capital à tout instant de par l'investissement en fonds en euros, mais aussi une garantie au plan juridique qui sera équivalente à une garantie bancaire puisqu'elle va avoir les mêmes effets au plan juridique. Pour le cédant, c'est, point primordial, le fait que cette délégation soit totalement gratuite pendant toute la durée de la garantie, mais c'est aussi une rentabilité certaine pendant l'investissement des fonds. Et des enveloppes patrimoniales qui sont mises en place avec une vocation forte, et ce, dès le moment de la cession, qui seront libérées dès l'échéance de la garantie, un process qui est allégé aussi. Et enfin, pour notre partenaire, c'est la possibilité pour lui d'apporter une solution alternative à cette traditionnelle garantie bancaire avec l'intérêt majeur d'être totalement gratuite, et de ce fait, au moment des premières négociations qui vont concerner la garantie d'actif et de passif, cela va lui permettre d'évincer la banque en la matière et de se mettre réellement en bonne position pour le remploi des fonds suite à la cession.

GILBERT ROUX Nous sommes arrivés au terme de ce podcast consacré à la garantie d'actif et de passif dans le cadre de la cession d'entreprise. Je pense qu'on a bien fait le tour de la question, Amélie, mais si nos partenaires souhaitent un complément d'information ou vous saisir pour un dossier, vous êtes évidemment à leur disposition, bien entendu, pas de souci là-dessus ?

AMELIE HUSLAING Tout à fait, nous sommes à leur disposition et également leur chargé de partenariat régional peut également répondre aux premières questions, mais nous échangeons de toute façon à chaque fois sur ce type de dossier ensemble.

GILBERT ROUX Merci beaucoup, Amélie Huslaing, de nous avoir donné toutes ces informations et à très bientôt.

AMELIE HUSLAING À bientôt.

Citation
La garantie d'actif et de passif va prévoir les modalités de mise en œuvre de la garantie qui est consentie à l'acquéreur. On va notamment retrouver au sein de celle-ci sa durée, mais aussi son montant mais surtout, elle va comporter une contre-garantie financière, c'est-à-dire une garantie de la garantie, qui va permettre à l'acquéreur de se prémunir contre un risque de non-paiement de la part du cédant. Amélie Huslaing
 

Amélie Huslaing

Intervenante

Diplômée d'un Master spécialisé en ingénierie et gestion internationale de patrimoine, Amélie Huslaing débute sa carrière en banque privée en tant qu'ingénieur patrimonial, avant de rejoindre BNP Paribas Cardif en 2008. En tant que Responsable du service ingénierie patrimoniale, elle apporte son expertise dans la rédaction d’études patrimoniales liées à diverses problématiques telles la structuration du patrimoine ou la cession d'entreprise et la mise en place des garanties d'actif et de passif. Elle anime également des formations techniques et participe à la diffusion de la veille juridique et fiscale.

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La cybersécurité, l’affaire de tous

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La cybersécurité, l’affaire de tous

Awa Ndiaye et Cécile Poulley

02/07/26 - La cybersécurité, l’affaire de tous

Communication à caractère publicitaire

Gilbert Roux : Saviez-vous que les cyberattaques touchent toutes les structures ? En 2026, une PME française est touchée toutes les deux minutes et selon l'ANSSI (Agence Nationale de la Sécurité des Systèmes d'information) et son panorama 2025, 48 % des victimes de rançongiciels en France sont des PME ou des TPE. Autant dire que dans les métiers du courtage et de la gestion de patrimoine, où la donnée client est centrale, le sujet devient évidemment stratégique. Pour en parler, j'accueille Awa Ndiaye et Cécile Pouilley de BNP Paribas Cardif. Awa bonjour, merci d'être avec nous.

Awa Ndiaye : Bonjour Gilbert.

Gilbert Roux : Awa, vous travaillez au sein des équipes digitales dédiées aux activités de courtage chez BNP Paribas Cardif. Vous avez une forte proximité terrain auprès des CGP et des courtiers, et vous êtes également spécialisée dans la cybersécurité et ses enjeux dans les écosystèmes très interconnectés comme ceux du courtage. Et à vos côtés, Cécile Pouilley. Bonjour Cécile,

Cécile Pouilley : Bonjour Gilbert.

Gilbert Roux : Cécile, vous travaillez au sein des équipes sécurité de BNP Paribas Cardif et votre rôle est d'accompagner les équipes informatiques pour la sécurisation de leur écosystème le principal enjeu étant la protection, des données clients et des partenaires et d'évaluer tous les risques qui tournent autour de la cybersécurité. Commençons, si vous le voulez bien, par un état des lieux, ou plutôt un état de la menace, devrais-je dire. Quand on parle de cybersécurité aujourd'hui, est-ce qu'on parle encore des hackers très sophistiqués et très stéréotypés ? Et j'ajouterai, pourquoi les PME et les TPE sont-elles devenues des cibles privilégiées ?

Comment décrire l’état actuel de la menace en matière de cybersécurité ?

Awa Ndiaye : Beaucoup pensent que les cyberattaques ne concernent que les grandes entreprises. En réalité, les PME et les TPE sont un peu comme des maisons dans un quartier résidentiel et les cambrioleurs, finalement, ne vont pas attaquer forcément la villa la plus grande, la plus luxueuse. Ils vont plutôt passer par la maison dont la fenêtre est ouverte. Les cybercriminels visent particulièrement les PME TPE parce que c'est plus simple : elles ont beaucoup moins de protection, elles sont moins sensibilisées aux enjeux cyber, et souvent, la personne qui s'occupe de l'informatique en plus fait son métier, son activité principale, donc c'est très compliqué, et en plus, elle manipule des données très sensibles, notamment les données clients, des données financières, des données patrimoniales. Parallèlement à ça, aujourd'hui, les cyberattaquants massifient leurs attaques, ce qui fait qu'ils ne passent pas par une seule porte, mais tentent toutes les portes. Donc typiquement, au travers d'un mail piégé, d'une usurpation d'identité, d'une fraude bancaire. Cela devient de plus en plus compliqué, mais il ne faut surtout pas s'inquiéter, les bons réflexes permettent de réduire ce risque et de limiter les impacts liés à une cyberattaque pour ces entreprises.

Gilbert Roux : Très bien, Merci pour ce panorama de l'état de la menace. Cécile, vous êtes au cœur du dispositif sécurité. Comment, quand on est un grand groupe comme BNP Paribas, on se prépare face à ce niveau de menace qui on l'a vu est à la fois élevé et permanent ?

Comment se prépare BNP Paribas Cardif face à cette menace permanente ?

Cécile Pouilley : Alors déjà, tout simplement, on va devoir s'appuyer sur la réglementation, qu'elle soit française, européenne, mais également sur la réglementation financière. On va vraiment appliquer les règles à l'état de l'art, et en étant un grand groupe, on a la chance d'avoir des équipes cyber dédiées avec des pôles d'expertises. La cybersécurité, c'est assez vaste. Il y a des équipes très techniques et des équipes plutôt axées gouvernance et on va mettre en place des outils, des process au sein de l'entreprise pour se protéger au mieux, vérifier également que des attaquants n'essayent pas de rentrer chez nous et puis, en interne, qu’il n'y ait pas de fuites de données par exemple. On va mettre en place des mesures de protection et je pense que, plus c'est simple d'utilisation, plus ça rentre dans notre quotidien, plus c'est facile. Je vais vous donner un exemple avec l'authentification forte. On va avoir plusieurs facteurs d'authentification et cela va permettre en fait tout simplement une meilleure maîtrise de son système. Ce qu'il faut savoir également, c'est que la cyber, ce n'est pas quelque chose qui est dédié aux équipes techniques, c'est en fait l'affaire de tous au quotidien et donc la clé, c'est la sensibilisation de chacun. Par exemple, il y aura des campagnes de phishing (appelé également hameçonnage) : lorsqu'on est collaborateur et qu'on clique sur un mail, comme quand on reçoit, même dans le cadre perso, ces faux SMS ou emails avec ces fameux liens, une fois qu'on a cliqué dessus, je pense qu'on est plus vigilant. Le risque zéro n'existe pas, et en passant par les bons gestes, que ce soit dans la vie professionnelle ou personnelle, on peut améliorer cette cybersécurité.

Gilbert Roux : La double authentification ou l'authentification forte, c'est un sujet qui concerne beaucoup les partenaires CGP et courtiers. Awa, vous avez beaucoup échangé avec eux sur le terrain. Aujourd'hui, où en sont réellement les CGP et les courtiers sur ces sujets de cybersécurité ? Est-ce qu'ils sont très sensibles à cela ?

Où en sont les CGP et courtiers sur ces sujets de cybersécurité ?

Awa Ndiaye : Je pense qu'on est à un moment un peu charnière parce que dans le milieu financier, et plus particulièrement pour les CGP et les courtiers, il y a une prise de conscience de l'or qu'ils ont entre les mains : les données de leurs clients et la confiance qui va avec. Par rapport à ce moment clé, je pense qu'il y a un problème de maturité autour des sujets de cybersécurité, mais il y a une vraie conscience. Ce qu'on peut voir sur le terrain c'est qu'ils ne savent pas par où commencer. Plus globalement, on passe d'un sujet qui était purement vu comme un sujet technique, comme un sujet inaccessible et que pour les grandes entreprises, à un sujet qui devient un enjeu stratégique et qui peut avoir un impact non seulement sur la réputation de l'entreprise, mais aussi sur la cessation d'activité.

Gilbert Roux : Impossible de parler cybersécurité sans parler d'intelligence artificielle. Cécile, est-ce que l'IA qu'on utilise quasiment tous aujourd'hui est une opportunité supplémentaire ou est-ce que vous considérez l'IA comme un nouveau facteur à risque ?

L’IA, un nouveau facteur de risque ?

Cécile Pouilley : Il y a encore cinq ou six ans, l'IA, c'était quelque chose de totalement inaccessible, voire inconnu pour une grande partie de la population. Aujourd'hui, n'importe qui peut y avoir accès sur son téléphone ou son ordinateur. Donc je pense que c'est un véritable outil d’aide pour l'amélioration des performances, de la réactivité. En revanche, il faut garder en tête également que ça peut être un facteur de risque dans le sens où, maintenant, on fait attention aux mails qu'on envoie avec les données qu'on peut envoyer. On ne va pas envoyer un mail à n'importe qui avec ses données client ou des données sensibles par exemple. En revanche, avec l'IA, il y a encore cette notion de sensibilisation à prendre en compte et il faut garder en tête que plus on va anonymiser ses données dans l'IA, plus on va faire attention à ce qu'on y met, et plus ça va nous permettre en fait, de l'utiliser comme une aide et non pas comme un facteur de risque.

Gilbert Roux : Awa, je voudrais qu'on revienne sur l'accompagnement des partenaires, parce que c'est un point important chez BNP Paribas Cardif. Vous travaillez justement à une initiative pour accompagner en matière de cybersécurité les partenaires CGP et courtiers. Alors, en quelques mots, en quoi ça consiste ?

Vous travaillez sur un accompagnement cybersécurité dédié à nos partenaires CGP et courtiers ?

Awa Ndiaye : L'initiative qui a été lancée, c'est vraiment dans le but de mettre à disposition des CGP et des courtiers des éléments autour de la cybersécurité qui soient lisibles, qui soient compréhensibles et qui puissent leur servir directement au quotidien. Donc cette offre, elle se base sur trois grands piliers. Le premier pilier concerne tout ce qui va tourner autour de la connaissance de la menace, donc de la sensibilisation. Le deuxième pilier, c'est savoir où on en est en termes de cybersécurité, donc des audits, des diagnostics, qui permettent de faire un état des lieux de sa sécurité, de son entreprise. Et le troisième pilier, c'est quel outil je dois mettre, quel processus je dois mettre pour pouvoir me protéger. Donc ce catalogue de services, on va le mettre à disposition au travers du portail qui est dédié aux conseillers en gestion de patrimoine et courtiers chez Cardif. Ce catalogue regroupera différents types de produits, de l'outillage, de la sensibilisation et de l'accompagnement.

Gilbert Roux : Il est clair que votre objectif n'est pas de faire des partenaires CGP et courtiers des experts en cybersécurité, mais au contraire de leur donner les bons outils.

Awa Ndiaye : Exactement. L'objectif, c'est vraiment de donner les bons outils, et aujourd'hui, c'est un élément stratégique de garantir à ses clients, à ses partenaires, que leurs données, on en prend soin, elles sont sécurisées et tous les échanges sont sécurisés. C'est vraiment un point clé de confiance, de gestion du risque pour éviter tout arrêt d'activité.

Quand on subit une cyberattaque, il faut avoir un plan. Et la problématique, souvent, c'est que la plupart des entreprises qui ne sont pas habituées à ces sujets-là n'ont pas de plan et ne savent pas, finalement, les étapes à suivre pour pouvoir atténuer le risque, accompagner l'entreprise dans cette situation de crise. Donc, ça fait partie des sujets de sensibilisation qu'il faut mener et avoir un plan en cas d'attaque. En cas d'incendie, il faut avoir un plan. C'est exactement la même chose en cas de cyberattaque.

Gilbert Roux : Alors, nous arrivons au terme de ce podcast. Mais avant de conclure, j'aimerais que vous preniez chacune la parole en quelques mots. Si vous aviez un message simple à adresser à nos partenaires qui nous écoutent, qu'est-ce que vous leur diriez ? On commence avec vous, Cécile.

Un mot de conclusion ?

Cécile Pouilley : J'ai envie de dire encore une fois que la cybersécurité, c'est vraiment l'affaire de tous et que ce n'est pas parce qu'ils sont petits qu'ils ne peuvent pas être ciblés.

Gilbert Roux : Awa ?

Awa Ndiaye : Les bons réflexes, les bonnes pratiques peuvent énormément changer les choses en cas de cyberattaque.

Gilbert Roux : Merci beaucoup à toutes les deux pour cet échange qui a été extrêmement éclairant. Alors moi je retiens surtout que la cybersécurité, ce n’est pas uniquement un sujet technique, c'est surtout un enjeu de confiance, d'organisation, d'accompagnement. On va dire un réflexe quotidien. Et pour le mot de la fin, j'aimerais citer une phrase que j'ai déjà entendue plusieurs fois en préparant ce genre d'émission, c'est : en matière de cybersécurité, la bonne question à se poser, ce n'est pas si vous subirez une cyberattaque un jour, mais quand cela arrivera.

Gilbert Roux : Merci beaucoup à Awa Ndiaye, merci Cécile Pouilley et je vous dis à bientôt, merci.

Cécile Pouilley : À bientôt. Merci.

Citation
Nous mettons à disposition des partenaires CGP et courtiers un catalogue de services dédié à la cybersécurité. Ce catalogue, disponible via Finagora, regroupe différents types de produits, de l'outillage, de la sensibilisation et de l'accompagnement” . Awa Ndiaye